Acide Hyaluronique (AH)

L’Acide Hyaluronique est un composant naturel de l’organisme et il a pu être synthétisé pour être utilisé comme produit résorbable d’injection à type de produit de comblement. Ce produit est lentement résorbable, en 6 mois à 12 mois suivant les localisations et suivant les patientes. Il s’agit d’un produit très bien toléré et il n’y a pas de contre indication à l’utilisation de ce produit. De la même façon il n’y a pas de test d’allergie à pratiquer, les allergies à ce produit étant exceptionnelles.

Résultat durable :

Les injections d’Acide Hyaluronique se sont beaucoup développées ces dernières années et sont actuellement très utilisées pour les patientes souhaitant un rajeunissement ou un « rafraichissement » de leur visage et un comblement des rides. L’efficacité de ce produit est importante par son effet volumateur et également par son effet hydratant. La durée d’efficacité varie selon les patientes entre 6 mois à 1 an, suivant la localisation de l’injection.

 

Effet hydratant :

L’acide Hyaluronique à un effet volumateur et un effet hydratant car elle capte l’eau, ce qui permet une meilleure hydratation de la peau et permet de donner un aspect moins fatigué au visage, lui redonnant fraicheur et rajeunissement. Cet effet hydratant peut être l’effet principal recherché chez certaines patientes.

 

Combinaison avec la Toxine Botulique :

Lorsque les patientes consultent pour rafraichir le visage, il est souvent utile de combiner les injections d’Acide Hyaluronique, qui a un rôle volumateur, et hydratant à la Toxine Botulique qui agit au niveau de la fonction musculaire. L’ensemble permet d’obtenir un renforcement de l’action. Les deux peuvent être éventuellement combinées lors de la même séance ou lors de séances séparées.

Il existe différents types d’Acide Hyaluronique en fonction de sa fluidité. Dans la même marque on peut trouver toute la gamme de fluidité permettant de traiter au mieux les rides et le volume facial.

De façon globale les ridules fines des lèvres sont traitées par un Acide assez fluide, élastique et peu volumateur pour un lissage sans volume.

Inversement, pour chercher un effet volumateur on utilisera un Acide Hyaluronique volumateur assez dense pour créer du soutien et un effet volume.

La demande la plus fréquente des patientes est la correction du sillon nasogénien ou d’autres rides ou cassures cutanées de la joue ou des lèvres.

D’autres zones peuvent être traitées, comme le creux des fosses temporales, les rides du lion (qui relèvent habituellement plus d’un traitement par Toxine Botulique), les pommettes, les joues, le contour du volume des lèvres.

On évitera toute injection autour de la région oculaire, et surtout vers les zones riches en vaisseaux comme les vaisseaux supra-trochléaires ou infra-trochléaires, de façon à minimiser au maximum le risque d’injection vasculaire avec ses complications décrites dans la littérature, mais que nous n’avons jamais rencontrées personnellement.

La première consultation est une consultation de prise en charge de rajeunissement facial et consiste en l’examen global du visage et le chirurgien présente les solutions à apporter.

A la suite de la consultation, différentes propositions thérapeutiques sont réalisées. Dans le cas d’une demande d’injection d’Acide Hyaluronique, une information plus poussée dans ce sens est donnée. Un document d’information est remis à la patiente, il a été élaboré par la Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE). Il s’agit du document consacré à l’Acide Hyaluronique : comblement et volumétrie (document dont vous pouvez télécharger le PDF en cliquant sur ce lien). Dans le document sont précisés les avantages, inconvénients, et risques potentiels d’une injection. Lors de cette première consultation, en plus du document d’information, est remis un devis et un consentement éclairé mutuel que la patiente devra signer avant l’injection et après réflexion.

 

Injections :

Le premier temps est le dessin des différentes zones à traiter. Puis on réalise les injections à proprement parlé. La durée d’une séance est de 15 à 20 minutes. Ces injections sont habituellement peu douloureuses. Concernant une patiente ayant une sensibilité cutanée très fine, on peut proposer une application de pommade Emla ½ à 1 heure avant les injections de façon à limiter la douleur.

 

 Effet optimum :

L’effet optimum est habituellement obtenu au bout de 8 à 10 jours après l’injection, lorsque l’œdème a disparu et que l’effet volumateur de l’Acide Hyaluronique s’est bien mis en place. L’effet perdure ensuite plusieurs mois (4 à 6 mois), et la résorption peut se faire entre 6 mois à 1 an, suivant la localisation de l’injection.

L’inconvénient principal est la sensation douloureuse au moment de l’injection proprement dite. Certaines zones sont très sensibles comme la région de la bouche et on peut être amené à utiliser une crème anesthésiante type pommade Emla, 1 heure avant les injections d’Acide Hyaluronique afin de diminuer cette sensation douloureuse.

Un inconfort après les injections dure de quelques heures à quelques jours suivant les patientes.

Les ecchymoses sont habituellement très limitées. En cas de survenue d’une ecchymose, elle durera de 5 à 7 jours et il faudra alors maquiller la zone présentant une ecchymose pour la rendre peu perceptible et éviter une éviction sociale.

Les effets secondaires indésirables sont rares avec l’Acide Hyaluronique, qui est très bien tolérée. Il faut savoir être modéré dans les injections pour ne pas avoir d’aspect peu naturel.

 

Un certain nombre de réactions ont été décrites dans la littérature médicale :

 

° Réaction locale de l’injection, se manifestant par œdème, rougeur ou petite irrégularité.

° Poussées d’herpès labial. Ces poussées surviennent chez les sujets prédisposés. Aussi les patients ayant des antécédents d’herpès labial ont intérêt à faire un traitement une semaine avant par anti-viraux, de façon à éviter une poussée d’herpès labial et son retentissement.

° Granulome : plutôt rare, cette complication peut survenir mais elle est exceptionnelle avec l’Acide Hyaluronique. La survenue d’un granulome sur une injection d’Acide Hyaluronique fait habituellement suite à injection de produit ancien non résorbable et le granulome concerne à ce moment là le 1er produit qui était non résorbable. Aussi on conseille d’utiliser uniquement des produits résorbables. Si vous avez été injecté dans le passé par des produits non résorbables, il vaut mieux être prudent et ne pas faire d’autres injections, y compris par l’Acide Hyaluronique. Il faut donc bien signaler au Chirurgien votre antécédent d’injection avec d’autres produits qui pourraient donc être responsables de ces granulomes et non l’Acide Hyaluronique elle-même.

° Complications rarissimes : des complications rarissimes à type de nécrose cutanée ont été rapportées. Il s’agit habituellement d’une injection intra-vasculaire ou de mécanisme de vaso-spasme. Il faut éviter d’injecter les zones riches en vaisseaux, comme certaines zones de la région du nez ou de la région de la partie interne des paupières. Dans la littérature scientifique internationale, il a été également décrit des cas de cécité consécutive à des injections péri-orbitaires. Aussi nous recommandons la plus grande prudence dans les injections péri-orbitaires. Et habituellement nous n’injectons pas cette zone.

Dans tous les cas, il faut savoir qu’il existe un antidote à l’Acide Hyaluronique qui s’appelle la Hyaluronidase qui est une enzyme qui peut couper l’Acide Hyaluronique. Le praticien injectant l’Acide Hyaluronique devrait avoir à son cabinet de la Hyaluronidase pour pouvoir faire face à un éventuel cas exceptionnel. En cas d’injection intravasculaire, il faut alors infiltrer de la Hyaluronidase dans la zone et utiliser des vasodilatateurs d’action locale pour éviter une nécrose cutanée ou une cécité qui s’installeraient.

En pratique ces accidents sont rarissimes et nous ne les avons jamais rencontrés. Cependant le Chirurgien doit connaître ce risque potentiel pour être amené le gérer en disposant à son cabinet de hyaluronidase et de vasodilatateurs, même s’il n’aura, sans doute, aucune occasion au cours de sa carrière de les utiliser, il est préférable qu’il ait ces moyens thérapeutiques à sa disposition car il faut agir vite en cas de complication, d’après les éléments de la littérature dont on dispose.

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