Comment aider un proche à bénéficier d’une intervention de Chirurgie Plastique ?

La chirurgie plastique apporte beaucoup à ceux qui en bénéficient. Mais le poids sociétal, et les facteurs psychologiques en jeu, font qu’il n’est pas si facile que ça d’appréhender sa consultation en Chirurgie Plastique, l’intervention chirurgicale, et les suites post-opératoires ; d’autant qu’il peut y avoir une certaine ambivalence liée à la peur de l’intervention, ou de l’anesthésie. Une aide d’un proche bienveillant est importante dans cette période +++. Le but de cet article est d’expliquer comment aider un proche, qui souhaite vraiment une intervention de Chirurgie Plastique.

La Chirurgie Plastique est une chirurgie à forte implication personnelle et psychologique. La demande de Chirurgie Plastique est parfois considérée comme futile ou superficielle par ceux qui sont mal ou peu  informés, ou qui ont des préjugés négatifs sur ce sujet. La réalité pratique et factuelle est très différente et, au contraire, décider de bénéficier d’une intervention de Chirurgie Plastique est une démarche personnelle très sérieuse et importante qui, pour être couronnée de succès, doit être sincère, personnelle et profonde.

Il est important de souligner qu’il existe souvent l’ambivalence suivante dans la démarche de la personne : « j’ai très envie de le faire mais j’ai peur ». Face à cette crainte l’entourage proche est souvent sollicité pour accompagner et soutenir. Dès lors, il est intéressant et important de se demander : quelle est la meilleure attitude adopter pour aider la personne demandeuse d’une Chirurgie Plastique ? (que ce soit le conjoint, un parent ou un ami)? C’est en effet une preuve de confiance que la personne vous donne ++, en vous demandant de l’aider dans sa démarche si intime et personnelle ; et il vous appartient alors d’être à la hauteur de cette confiance, en mettant tout en œuvre pour l’aider positivement.

Notre expérience nous a appris que la meilleure attitude est la « neutralité bienveillante »+++ (« Je t’aime comme tu es ; mais si cela est important pour toi, je t’accompagnerai dans ton projet », « je serai là, et t’aiderai après l’intervention »). Cette attitude permet à la personne demandeuse de bien construire sa demande tout en étant renforcée narcissiquement. « Neutralité bienveillante » ne signifie pas neutralité dans le sens « Fais comme tu veux, c’est toi qui décides ! » mais signifie au contraire soutien, engagement et implication. L’implication adaptée (« J’écoute et comprends ta demande ») permet le partage et la rencontre, et renforce la personne qui se sent comprise dans sa part la plus intime.

Dans le terme « neutralité bienveillante » c’est le mot bienveillant +++ qui est fondamental. Le mot neutralité permet juste de rappeler que c’est la demande intime de la personne qui doit être au centre  du processus, et rappelle la nécessité du proche de ne pas faire passer ses propres envies ou désirs (« J’aimerais que tu aies des plus gros seins » par exemple) ou encore ses propres craintes en priorité (« J’ai peur que tu aies un problème » ou « Pourquoi chercher des problèmes quand on n’est pas malade ? »…).  La personne doit se sentir autonome et libre dans sa décision, mais accompagnée avec bienveillance c’est-à-dire avec empathie et chaleur ++, et non avec froideur et détachement.

Si « le proche bienveillant », qui a été choisi, est hostile à la demande de Chirurgie Plastique, il doit le dire honnêtement +++ et en parler avec la personne demandeuse. Par la parole, les choses peuvent être élaborées, et une position de « neutralité bienveillante » trouvée progressivement, ou alors la personne devra choisir une autre personne de soutien +++ (pour éviter des pulsions agressives inconscientes, se manifestant par des paroles mal-adaptées, qui pourraient perturber la personne, dans cette période si importante pour elle). Dans certains cas, une tierce personne ou un avis psychologique permettent d’aider à trouver cette bonne distance. Très souvent, le proche hostile est le conjoint, les parents (pour les adolescents ou les jeunes adultes), voire dans certains cas le Médecin traitant. Cette hostilité traduit souvent seulement de l’inquiétude (« Je t’aime tellement que j’ai peur qu’il t’arrive quelque chose ») et cela peut être élaboré et apprivoisé par une consultation avec un chirurgien expérimenté avec lequel on se sentira particulièrement en confiance. Il ne faut d’ailleurs  pas hésiter à accompagner la personne (si elle le souhaite, bien-sûr) pour consulter le chirurgien, surtout si la personne a besoin d’être rassurée.  Le sérieux du chirurgien et la qualité de la consultation permettent souvent de  rassurer et expliquer. Il est à noter que c’est parfois à la personne qui est demandeuse de Chirurgie Plastique qu’il revient  d’amener avec doigté et subtilité le proche hostile vers la position souhaitée de « neutralité bienveillante » ++ ; cela peut paraître paradoxal, mais cette démarche est importante, car cette position équilibrée et bienveillante est utile et nécessaire pour pouvoir bénéficier au mieux des bienfaits apportés par la Chirurgie Plastique.

Après l’intervention, cette attitude de « neutralité bienveillante » reste, et sera également très importante +++, car, après l’opération, le patient subit les contraintes postopératoires, sans avoir encore les aspects positifs du résultat, et a besoin d’être accompagné avec beaucoup de gentillesse, de bienveillance, de renforcement narcissique (« C’est très joli », « Ca va être très bien ») et d’amour (« Je t’aime »).

Finalement, la chirurgie plastique et esthétique se situe au cœur de l’essentiel des valeurs et des sentiments comme le respect de soi, le respect des autres, l’attachement et la bienveillance à ses proches, et bien entendu l’amour. Ce moment particulier d’une intervention de Chirurgie Plastique est une bonne occasion de montrer son attachement à l’autre, en l’accompagnant et en l’entourant de toute sa bienveillance.

 

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