Faut-il arrêter de fumer après une intervention de chirurgie plastique ?

L’arrêt du tabac est impératif un mois avant et un mois après une intervention de Chirurgie Plastique car le tabagisme peut entrainer des complications cicatricielles majeures, voire de véritables nécroses tissulaires (par exemple une nécrose aréolaire en cas de réduction mammaire). Aussi, l’arrêt du tabac est vraiment impératif un mois avant l’intervention. N’hésitez pas à en parler à votre chirurgien et à vous faire aider auprès d’un tabacologue pour l’arrêt de ce tabagisme.

Le tabagisme est un véritable problème de santé publique en France, puisque ce tabagisme est responsable d’environ 80 000 morts par an (pour mémoire les accidents de la route représentent 3300 morts par an). Le tabagisme constitue un problème important en période péri-opératoire car il peut entrainer des complications non négligeables +++ faisant suite à la chirurgie, et du fait de la combinaison du tabagisme avec une chirurgie plastique.

Par ailleurs, lorsqu’on consulte pour une chirurgie plastique, c’est pour améliorer sa qualité de vie, et l’on sait que l’arrêt du tabac entrainera à long terme, une amélioration importante de la qualité de vie. Il est donc logique d’arrêter le tabagisme, pour des raisons de sécurité de l’intervention +++  mais également de qualité de vie à long terme +++.

Eléments nocifs du tabac

La fumée du tabac est composée de près de 4000 substances toxiques donc 4 sont principalement en cause en chirurgie plastique : le monoxyde de carbone, la nicotine, le monoxyde d’azote, et l’acide cyanhydrique. Ces différentes substances diminuent la vascularisation tissulaire, et augmentent l’hyperviscosité sanguine aboutissant à des phénomènes d’obstruction des vaisseaux. La nicotine a, par ailleurs, un rôle de vasoconstriction sur les vaisseaux, et diminuent d’environ 30% le calibre des vaisseaux. Lors d’une chirurgie plastique, surtout avec décollement cutané, on a besoin de toute la vascularisation pour assurer la survie des lambeaux cutanés, et il est aisé de comprendre que les gens qui fument augmentent leurs risques de complications.

Risques encourus

Le tabagisme est à l’origine de nombreux problèmes, à la fois chirurgicaux, mais aussi généraux, qui peuvent allonger les durées d’hospitalisation du fait de complications. En effet, le tabagisme peut favoriser des infections et favoriser des nécroses tissulaires notamment, lorsqu’il y a des décollements tissulaires importants (comme les abdominoplasties, les réductions mammaires, les cures de ptose, les reconstructions mammaires, ou le lifting cervico-facial). Le tabagisme peut également augmenter le risque de complications en cas de mise en place de matériels prothétiques comme des prothèses mammaires. Enfin, du fait de la diminution de la vascularisation, les greffes prennent moins bien +++,  notamment la greffe de tissu adipeux lors du lipomodelage du sein.

Recommandations

La Société Française de Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE), en accord avec la Société Française d’Anesthésie Réanimation, recommande un arrêt systématique du tabac un mois avant et un mois après l’intervention ++++.  Pour cela, il est souhaitable de se faire aider d’un tabacologue ou d’un addictologue.  Si vous fumez, parlez-en à votre chirurgien et à votre médecin traitant. Votre médecin traitant pourra vous aider initialement par la prescription d’un substitu nicotinique, qui devra être complètement arrêté avant l’intervention car la nicotine a un effet vasoconstricteur qui peut également participer aux complications +++. L’arrêt du tabac et de la nicotine devra être complet pour l’intervention. Le jour de l’intervention, en cas de doute, un test de dépistage pourra être demandé et en cas de positivité, l’intervention pourra être annulée par le chirurgien.

Vous pouvez rencontrer un addictologue ou un tabacologue à la Clinique Charcot (allez sur le site de la clinique pour trouver les coordonnées  clinique-charcot.fr).  Concernant l’utilisation de la cigarette électronique, la Haute Autorité de Santé  a émis un avis constatant que les données connues sur l’efficacité et l’innocuité de la cigarette électronique étaient insuffisantes pour la recommander dans le sevrage tabagique. Cependant, nous encourageons les patientes, qui ne pourraient pas trouver une autre solution, à l’utilisation de la  cigarette électronique sans nicotine, qui peut être une solution transitoire avant un arrêt complet de la cigarette.

Sous-évaluation du tabagisme

Parfois, la crainte du  patient que le chirurgien refuse l’intervention, ou par honte, certains patients ne déclarent pas leur tabagisme lors de la consultation préopératoire. Il peut s’agir également d’adolescentes, qui n’osent pas dire devant leurs parents qu’elles fument. Il s’agit d’un phénomène difficile à évaluer mais qui peut être potentiellement grave pour les patients.

Sentez-vous libre d’en parler discrètement à votre chirurgien et de vous faire aider pour absolument arrêter le tabagisme un mois avant l’intervention et un mois après +++ et, si possible, définitivement pour votre santé et votre beauté futures (le tabagisme fait vieillir et pour mémoire, une étude sur des jumelles vraies a montré qu’à 50 ans, un tabagisme significatif  était responsable d’environ 10 ans de différence d’âge, ce qui est majeur, et qui pourrait être un élément de motivation, surtout chez les femmes).

Aides au sevrage

Il est souvent intéressant de consulter votre médecin traitant, qui pourra vous donner des conseils ; ou de consulter en addictologie et une consultation dédiée à ce problème est disponible à la clinique Charcot (clinique-charcot.fr). Vous pouvez également avoir des assistances téléphoniques (tabac-Info-Service au 3989). Votre médecin pourra vous prescrire, à titre transitoire, des aides par des substitues nicotiniques. D’autres thérapeutiques douces peuvent être prescrites comme l’homéopathie, l’hypnose, l’acupuncture ou l’auriculothérapie. Le point important dans l’efficacité de l’arrêt du tabac est la motivation +++. Si vous êtes très motivée par votre intervention de chirurgie plastique, il y a de fortes chances que vous réussissiez votre sevrage tabagique +++. Il faudra simplement bien tenir sur la durée et surtout, ne pas se laisser tenter, même de façon anecdotique par une cigarette, même lors d’un évènement particulier, comme un mariage ou une soirée particulière.

Conclusions

Le tabagisme est un véritable problème de santé publique qui est encore sous-estimé à l’heure actuelle, et beaucoup de gens se rassurent en disant qu’ils ne fument que « deux ou trois cigarettes » , mais, même ces deux ou trois cigarettes sont réellement toxiques pour l’organisme et peuvent entrainer des complications.

Lorsqu’on a un projet d’intervention de chirurgie plastique, il faut absolument prévoir un arrêt complet du tabac un mois avant l’intervention et un mois après l’intervention ++++ et si possible définitivement par la suite.

Il faut, en effet, profiter de l’intervention de chirurgie plastique et de sa motivation pour arrêter de fumer ; et l’arrêt à long terme constitue un élément de  prévention du vieillissement. Cela peut constituer un élément supplémentaire de motivation. Il  faut ne pas hésiter à se faire aider auprès de son médecin traitant, et éventuellement d’un addictologue, pour réussir cet arrêt du tabac, pour la chirurgie plastique, et ensuite si possible l’arrêt à long terme pour la santé globale.

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