Foire aux questions

Des réponses à vos questions les plus courantes

Quelle est la formation du Chirurgien Plasticien ?

La Chirurgie Plastique relève de la spécialité ordinale de : Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique (pour savoir si un chirurgien est bien Chirurgien Plasticien : il faut aller sur le site de l’Ordre des Médecins, ou contacter le conseil départemental de l’Ordre des Médecins du département). La chirurgie reconstructrice permet le passage de l’anormal au normal, tandis que la chirurgie Esthétique permet le passage du normal au beau. Bien que la Chirurgie Esthétique ne soit pas indispensable à la santé en générale, la chirurgie esthétique peut contribuer de façon très importante à la qualité de vie des patients en améliorant la santé physique et psychologique et l’image de soi ; elle participe bien à la santé selon la définition internationale de la santé de l’OMS +++.

Dans la mesure où cette intervention n’est pas indispensable, il faut s’assurer des conditions de sécurité et de la qualité de l’intervention prévue +++. Aussi, le choix d’un chirurgien diplômé et expérimenté est fondamental +++, et relève de la responsabilité de la patiente, qui doit s’impliquer dans ce choix, et trouver la bonne personne. Ce choix doit permettre d’obtenir le meilleur résultat possible, et permettre d’éviter, ou de limiter le risque de complications et surtout, si celles-ci survenaient, elles devraient pouvoir être traitées de façon optimale pour la santé du patient et la qualité finale du résultat.

La formation initiale des futurs chirurgiens plasticiens reposent sur les  études habituelles de médecine suivies d’un internat en chirurgie de 5 ans et d’une formation post-internat (assistanat, ou clinicat) d’un minimum de deux ans. Durant son internat, le jeune chirurgien a dû valider un diplôme d’études spécialisées (D.E.S) de chirurgie générale avec des stages en chirurgie osseuse et en chirurgie générale et viscérale. Il est donc initialement Chirurgien généraliste, avant de valider le diplôme des études spécialisées complémentaires en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique (D.E.S.C de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique). Le chirurgien plasticien est ainsi formé pour s’occuper de toute la silhouette et de toutes les pathologies ayant attrait à la prise en charge chirurgicale de la peau et des tissus mous. Il s’agit d’une spécialité dite « horizontale » et les chirurgiens peuvent être amenés à intervenir dans les différentes localisations de l’organisme que ce soit dans le domaine de la cancérologie, de la traumatologie, de la reconstruction, de l’esthétique et surtout de la fonction. Cette formation très complète acquise dans les services de chirurgie agréés en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, lui permet de gérer les différentes situations cliniques. Il doit apprendre au cours de ces différents semestres d’internat à gérer les suites postopératoires, et savoir éviter et gérer les éventuelles complications des interventions.

Dans notre fonction hospitalière, au Centre Léon Bérard, nous participons à la formation des internes de D.E.S.C de chirurgie plastique et des internes étrangers (formation d’un interne du CHU de Lyon chaque semestre, d’un interne inter-CHU provenant d’un autre CHU souhaitant venir se former à nos techniques, et un chirurgien plasticien venant s’hyperspécialiser dans notre domaine). Durant cette formation, nous avons en charge, non seulement la formation pratique mais également la formation théorique de nos élèves, et nous les encadrons dans leur cursus en leur conseillant des lectures d’articles et des livres, et en leur faisant présenter des cas cliniques qui sont discutés en colloques. Il est très important, en tant qu’enseignant, de bien suivre chaque élève et de le guider progressivement vers la compétence, et de compléter les éléments qui lui manqueraient éventuellement dans sa formation.

A la suite de cette formation initiale de qualité, il est important que le chirurgien plasticien suive de façon régulière, une formation continue. Dans cet esprit, nous organisons souvent à Lyon, des formations spécialisées pour les Chirurgiens Plasticiens confirmés.

En conclusion, la qualité de la formation en Chirurgie Plastique et Esthétique est fondamentale de façon à éviter des complications et des résultats insuffisants +++. Idéalement, le chirurgien plasticien doit avoir un cursus exemplaire, avoir validé son D.E.S.C de chirurgie plastique et avoir un assistanat dans un service validant. Il ne doit pas s’arrêter là, et doit continuer sa formation de façon régulière au cours de sa vie professionnelle, lors de congrès nationaux mais également des formations pratiques où le savoir-faire est transmis par des professionnels spécialement expérimentés qui transmettent leur expérience chirurgicale.

Comment consulter un Chirurgien Plasticien ?

La plupart des chirurgiens plasticiens ont un site internet présentant leur activité. La meilleure façon est de vous renseigner auprès de votre Médecin traitant, ou de votre gynécologue, et de recouper les avis (Cf. chapitre « Comment choisir son Chirurgien Plasticien ? »). Une fois que vous avez son nom, il est aisé de consulter son site internet. Cela permet de se familiariser avec le sujet de la consultation demandée +++. Il est très apprécié du chirurgien plasticien, surtout pour les cas de Chirurgie Réparatrice (car cela assoit la demande par rapport à l’Assurance maladie), de disposer d’un courrier du médecin traitant où sera précisé la demande du patient, les éléments principaux du dossier (particulièrement importants lorsque la patiente a eu un cancer du sein ou une pathologie complexe), les éventuelles allergies, les traitements comme les anticoagulants ou les antiplaquettaires, les pathologies associées, et enfin les éléments psychologiques particuliers à prendre en compte.

Le Chirurgien Plasticien, lorsqu’il aura vu le patient, fera un courrier de synthèse de sa consultation qui permettra de communiquer au mieux, avec le Médecin traitant ou le gynécologue, et d’assurer la meilleure prise en charge possible. Si la patiente ne souhaite pas que l’on écrive au Médecin, une lettre de synthèse adressé à « Monsieur le médecin traitant » sera faite, et adressée directement à la patiente +++. Cette lettre de synthèse sert de référence, et permet à la patiente de relire, à tête reposée, les éléments importants, qui ont été discutés en consultation.

Faut-il demander un avis psychologique avant la consultation de Chirurgie Plastique ?

Non, dans la majorité des cas, il n’y a pas besoin de demander un avis psychologique avant une intervention de Chirurgie Plastique. Le point le plus important, comme dans beaucoup d’interventions, est la forte motivation du patient. La demande doit bien être personnelle, sincère, et profonde.
Un avis et un accompagnement psychologiques peuvent être demandés dans certains cas limites notamment lorsqu’on perçoit une certaine note de dysmorphophobie, ou dans certains cas de faible estime de soi, pour lesquels prise en charge en psychologie et prise en charge en Chirurgie Plastique, se complètent parfaitement.

Par ailleurs, en cancérologie du sein, après mastectomie ou même après traitement conservateur, il est souvent intéressant que la patiente bénéficie d’un accompagnement psychologique, au moment de la chirurgie réparatrice car la Chirurgie Réparatrice permet souvent un travail psychothérapeutique de bonne qualité, en permettant la remontée à la surface d’éléments traumatiques, qui peuvent alors être élaborés par le suivi psychologique. Cela permet alors de « tourner la page » du traumatisme engendré par l’agression au niveau du sein et par le diagnostic du cancer du sein.

De même, dans le cadre des mastectomies prophylactiques, pour mutation Brca1 ou Brca2, la consultation auprès d’un oncopsychologue, fait partie des critères de prise en  charge selon les recommandations de l’HAS ++.

Enfin, dans le cadre des cas secondaires après échec ou résultats insuffisants, une prise en charge psychologique est souvent recommandée pour faire le deuil de l’idéal fantasmé et non obtenu, et envisager un résultat raisonnable tenant compte de la situation actuelle.

Quels sont les honoraires du chirurgien plasticien ?

Dans le cas d’une prise en charge hospitalière en chirurgie réparatrice, le chirurgien plasticien est salarié, et ne demande donc pas d’honoraire, et n’a pas de rapport financier direct avec le patient.

Dans le cas d’une prise en charge en secteur libéral, sa rémunération se fait sur la base d’honoraires. Si l’intervention est prise en charge partiellement par l’assurance maladie, le chirurgien plasticien demandera des « dépassements d’honoraires » (il s’agit en fait de ses honoraires, propres au fonctionnement de son entreprise médicale).  En chirurgie plastique, la cotation des actes est très faible par rapport au temps passé ; aussi, les dépassements d’honoraires paraissent souvent importants. Il est important que le patient soit au fait de cela pour ne pas se sentir frustré de la faible prise en charge par l’assurance maladie +++.

Les honoraires du chirurgien plasticien dépendent de différents critères : la complexité de l’acte réalisé, le temps passé, l’expérience et la notoriété du chirurgien, et des titres et travaux du chirurgien plasticien. La Chirurgie Plastique est un métier d’expérience ++++, et il est aisé de comprendre que les honoraires d’un chirurgien expérimenté de réputation internationale (opérant beaucoup et depuis longtemps) soient plus élevés que ceux d’un jeune chirurgien fraichement installé, et qui a peu d’interventions à son actif. Les honoraires sont fixés par le chirurgien selon le principe du « tact et de la mesure ». Récemment, certaines mutuelles se sont désengagées dans le remboursement des actes chirurgicaux, mettant en avant des contrats dits responsables dans le cadre du « contrat d’accès aux soins » (CAS, et maintenant ONDAM) qui limite les remboursements à 150% du tarif de Sécurité Sociale. Dans le cadre de la Chirurgie Plastique, vu la complexité, la durée des interventions et leur faible cotation par l’assurance maladie, il n’est pas possible de travailler dans ces conditions, aussi le reste à charge pour le patient est devenu plus important pour un grand nombre de personnes. Il s’agit d’un choix des mutuelles indépendant du choix des chirurgiens qui, pour la plupart, n’ont pas augmenté leurs honoraires depuis plusieurs années, alors que les charges et le coût de la vie ont, eux, bien augmenté.

Y-a-t-il un bénéfice aux interventions de Chirurgie Plastique ?

Oui, très clairement, les bénéfices thérapeutiques des interventions de chirurgie plastique sont en effet très importants. Depuis 1994, nous dirigeons un service hospitalier et avons réalisé de nombreux travaux scientifiques (Cf. Travaux scientifiques). L’ensemble de ces travaux nous permet d’affirmer l’impact positif majeur de la chirurgie plastique en général,  mais spécialement dans les domaines où nous avons mené de nombreux travaux en chirurgie esthétique du sein, ou en chirurgie reconstructrice du sein.  Cet impact positif majeur est bien loin de certaines images négatives, véhiculées parfois par certains médias, suite à des demandes ou des résultats peu naturels. Une fois que le chirurgien maitrise bien la technique chirurgicale, il doit apprendre à bien maîtriser l’indication thérapeutique et être très à l’écoute de la demande du patient visant l’harmonie de la silhouette et le caractère « naturel »   du résultat +++, qui doit être adapté au patient ou à la patiente.

Je suis en ALD : serais-je bien remboursée ?

Si la patiente est en ALD (Affection Longue Durée) elle bénéficie de l’exonération du ticket modérateur, notamment dans le cadre du traitement de cancer du sein. Si la prise en charge se fait dans un service hospitalier, la prise en charge, couvrira l’ensemble des frais.  Par contre, en secteur libéral, le fait que la patiente soit en ALD, signifie juste que la partie sécurité sociale de la prise en charge, sera couverte à 100 % par l’assurance maladie. Mais cette prise en charge à 100 % est, en fait, faible car les interventions de Chirurgie Plastique ont une cotation faible, et sont souvent longues et difficiles. Le dépassement d’honoraires n’est pas pris en charge ++ et relève d’une prise en charge par la mutuelle, et en partie par le patient ou la patiente.

Je souhaite me faire opérer d’une intervention de Chirurgie Réparatrice en secteur libéral par un chirurgien réputé, et je n’ai pas de bonne mutuelle. Que puis-je faire ?

Si une patiente souhaite se faire opérer en secteur libéral par un chirurgien réputé ayant des dépassements d’honoraires non pris en charge par l’assurance maladie, elle devra régler les dépassements d’honoraires de ses propres deniers, ou prendre une bonne mutuelle, c’est-à-dire une mutuelle remboursant les dépassements d’honoraires chirurgicaux.

Si la patiente choisit une mutuelle complémentaire appelée « sur-complémentaire », elle doit impérativement demander les contrats « non responsables » car par défaut, les mutuelles proposent des contrats dits « responsables » qui sont bridés, et qui n’apporteront qu’un faible remboursement, et sont donc de peu d’intérêt.

Différentes mutuelles offrent des remboursements satisfaisants dans ce cadre. La patiente devra s’en occuper bien avant l’intervention ++++ car il y a souvent un délai de carence de 1 à 3 mois (donc incapacité de bénéficier de cette mutuelle avant 1 mois à 3 mois), et il peut y avoir un questionnaire médical dépendant de l’âge de la patiente. Une fois que l’on a trouvé la mutuelle qui vous assure normalement, il faut lui soumettre le devis, pour connaître la part exacte du reste à charge. Ne programmer son intervention seulement qu’après avoir réglé tous ces problèmes financiers, de mutuelles et d’organisation +++.

Finalement je suis presque prête pour l’intervention. Mais je suis encore ambivalente, et j’hésite encore « avant de me lancer » pour envisager « ma chirurgie ». Quelles questions essentielles dois-je me poser ?

Trois questions sont essentielles à se poser:

  • Est-ce que ma demande est bien sincère, personnelle et profonde ?
  • Ai-je bien compris tous les éléments en rapport avec l’intervention ?
  • Suis-je en confiance avec ce docteur ?

Si je réponds « oui » aux trois questions, c’est que « je suis prête » à réaliser l’intervention dans de bonnes conditions.

Quelles sont les conséquences d’une non-prise en charge d’une intervention par l’assurance maladie ?

Si une entente préalable a été faite, et que l’entente préalable est refusée par l’assurance maladie, l’intervention devient « esthétique » c’est-à-dire non prise en charge par l’assurance maladie. Cela a trois conséquences pour la patiente : d’une part l’ensemble des honoraires et des frais médicaux engendrés par l’intervention seront à sa charge, d’autre part la patiente ne pourra pas bénéficier d’un arrêt de travail en rapport avec cette intervention, et enfin, une application de la TVA se fera sur cette intervention.

J’ai un diastasis des grands droits, suite à des grossesses, puis-je faire du sport ?

Oui, tout à fait. Il est même souhaitable que la patiente puisse faire du sport. Il faut lui apprendre à bien contracter ses grands droits, en rentrant le ventre au maximum, avant de commencer l’exercice sportif, de façon à bien remuscler les grands droits +++. Si une intervention chirurgicale est nécessaire ultérieurement, le fait d’avoir bien musclé les grands droits renforce l’aponévrose, et cela facilitera la correction du diastasis des grands droits +++.

J’ai des séquelles de grossesse avec diastasis des grands droits. L’intervention de correction est-elle prise en charge par l’assurance maladie.

Non, et cela peut vous paraître surprenant et injuste, mais la cure de diastasis des grands droits n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Cette cure de diastasis des grands droits se fait habituellement lors d’une abdominoplastie. C’est seulement en cas de hernie abdominale antérieure vraie qu’une prise en charge de cette cure de hernie peut être réalisée en utilisant le code LMMA009. Il faut qu’on soit vraiment en présence d’une hernie vraie +++, car ce code est surveillé avec attention par les médecins conseils pour éviter tout abus d’utilisation.

Avant une cure d’hypertrophie mammaire, faut-il demander une entente préalable ?

Non, avant une cure d’hypertrophie mammaire bilatérale il n’y a pas d’entente préalable à faire. Il faut respecter le cadre défini par la CCAM à savoir une patiente qui a une hypertrophie entraînant des douleurs dorsales avec une résection prévue de plus de 300 grammes par sein.  En dessous de ce poids, il n’y a pas de prise en charge et l’intervention est dite « esthétique » et à la charge de la patiente. Dans le cas contraire, si une résection de plus de 300 grammes par sein est prévue, l’intervention est prise en charge sans demande préalable. Un contrôle peut être réalisé par l’assurance maladie avec demande des photos, et contrôle des poids de résection sur le compte rendu opératoire et sur l’anatomopathologie.

Que donnez-vous à une femme enceinte pour éviter les vergetures ?

Les vergetures représentent une fracture du derme (c’est-à-dire de la partie fibreuse et résistante de la peau), sous l’influence de la progestérone et d’une forte tension sur la peau. Les deux moments de la vie où peuvent apparaître les vergetures sont principalement la puberté et la grossesse. Durant ces deux périodes, il faut limiter au maximum les contraintes mécaniques sur la peau, c’est-à-dire en pratique limiter la prise de poids ++++ qui favoriserait la fracture du derme et l’apparition des vergetures sous l’influence hormonale progestéronique. Il y a un caractère individuel très important à la survenue de ces vergetures, sans que l’on en connaisse précisément la génétique. Il n’y a pas actuellement de moyens ayant réellement prouvé une efficacité supérieure aux autres (nous cherchons tous la solution à ce problème mais personne n’a actuellement encore réellement trouvé la solution à ce problème).

En pratique, il  est important de limiter les contraintes mécaniques résultant de la prise de poids (prise de poids de 1kg par mois, soit 9 kg au cours de la grossesse ++++) et de bien hydrater la peau grâce à une bonne pommade hydratante, deux fois par jour.

La liposuccion permet-elle de maigrir ?

La liposuccion n’est pas prévue pour permettre de maigrir ; elle permet de corriger les zones de surcharge graisseuse disgracieuses que l’on appelle des stéatoméries (cf. chapitre sur ce sujet dans « Surpoids et obésité). La zone la plus connue pour réagir favorablement à une liposuccion est la culotte de cheval, mais des stéatoméries peuvent être présentes dans différents secteurs  de l’organisme, et sont sous contingence génétique. On peut utiliser la liposuccion comme moyen de motiver la patiente c’est-à-dire permettre de perdre 2 – 3 kg avant liposuccion, réaliser la liposuccion qui l’encourage de façon importante, et ensuite de garder de bonnes habitudes et de bonnes habitudes hygiéno-diététiques, qui lui permettront de perdre du poids à long terme, mais la liposuccion n’est pas réellement un moyen direct de maigrir.

Les prothèses mammaires que l’on implante actuellement sont-elles réellement sans danger ?

Oui, si l’on choisit bien les prothèses mammaires. Concernant les maladies auto-immunes, les prothèses mammaires pré-remplies de gel  de silicone ont été complètement innocentées par toutes les études scientifiques. Les prothèses pré-remplies de gel de silicone sont utilisées depuis de nombreuses années, et ne posent pas de problème particulier, sous réserve qu’à partir de 8 ans postopératoires, on réalise une échographie pour réaliser leur surveillance et vérifier l’absence de rupture prothétique.

Nous conseillons d‘implanter uniquement des prothèses lisses ou des prothèses microtexturées, et d’éviter les prothèses macrotexturées qui pourraient donner un risque très faible de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM).

Une personne âgée peut-elle bénéficier d’une chirurgie esthétique ?

Il n’existe pas de limite supérieure d’âge : c’est l’état général de la patiente qui sera le principal élément décisionnel pour réaliser une intervention de chirurgie esthétique en sachant qu’il faut raison garder. Le risque est principalement un risque anesthésique et, en cas de doute, on demandera une consultation d’anesthésie pour évaluer ce risque, et voir s’il est pertinent de proposer une chirurgie esthétique.

La chirurgie esthétique doit-elle correspondre à un besoin personnel ?

Oui, tout à fait, une chirurgie esthétique est faite pour répondre à une demande personnelle, sincère et profonde et non à un besoin de l’entourage. En chirurgie esthétique, le changement engendré peut être parfois très important et il doit être profondément désiré par la patiente. Les interventions « forcées » (« demandes par procuration») par l’entourage peuvent entrainer des déceptions des personnes opérées, voire des douleurs, et cela même en cas de très bons résultats morphologiques esthétiques objectifs. On peut consulter le chapitre « La chirurgie esthétique est-elle encore tabou ? » qui répond en partie à ces questions.

Le diabète ou d’autres maladies contre-indiquent-t-ils une éventuelle chirurgie esthétique ?

Non, la présence de maladies, comme le diabète, nécessite de prendre des précautions préopératoires supplémentaires, mais ne contre-indique pas une intervention de chirurgie esthétique. Comme pour toute intervention, le rapport bénéfices-risques doit être évalué avec précision. Le diabète peut augmenter le risque de complications comme une infection ou une nécrose mais si ce risque, pour l’intervention considérée, est acceptable, l’intervention peut tout à fait être envisagée. On peut éventuellement s’aider de l’avis de l’anesthésiste pour prendre cette décision, ou du médecin traitant qui suit la patiente.

La chirurgie esthétique est–elle plus difficile que la chirurgie reconstructrice ?

Non, au contraire, la chirurgie reconstructrice est la chirurgie la plus difficile et la plus exigeante. Un chirurgien aguerri aux interventions difficiles de chirurgie reconstructrice a de très fortes chances d’être un très bon chirurgien esthétique. Les difficultés de la chirurgie esthétique sont l’exigence de la demande, le fait que l’on « n’a pas le droit à l’erreur », et qu’il faut tout faire pour limiter le risque de complications au plus strict minimum.  Il faut  donc bien définir son indication, et bien préciser la demande du patient.

En pratique, notre spécialité est la chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique. Si le chirurgien est très entrainé à la chirurgie reconstructrice et a une bonne formation en chirurgie esthétique, il a de fortes chances d’être un excellent chirurgien en chirurgie esthétique, et il peut être fortement recommandé pour la prise en charge d’une intervention de chirurgie esthétique.

Est-il nécessaire de demander un deuxième avis avant de se faire opérer ?

Non, si le chirurgien plasticien est qualifié en chirurgie reconstructrice et esthétique (vérifiez sa qualification en chirurgie plastique sur le site du conseil de l’ordre des médecins car beaucoup de médecins abusent de ce titre de chirurgien plasticien), si ce chirurgien est compétent et réputé, et qu’il vous a été recommandé par plusieurs médecins : vous pouvez faire pratiquer l’intervention sans demander un deuxième avis. Par contre, si vous ne vous sentez pas bien en confiance, ou n’avez pas eu un bon contact avec le chirurgien ou, si vous n’avez pas bien compris et que le chirurgien ne veut pas vous expliquer mieux les choses, vous pouvez demander un second avis. La difficulté est que dans ce cas, les avis peuvent être différents, et cela peut vous  compliquer dans votre décision finale. Les points importants sont que le chirurgien soit qualifié en chirurgie plastique, ait une bonne réputation, et surtout, que vous soyez bien en confiance avec le chirurgien, et qu’il y ait une bonne communication entre vous et lui. Si vous ne vous sentez pas en confiance, prenez votre temps, et demandez un deuxième avis auprès d’un chirurgien plasticien reconnu par l’Ordre des médecins, et si possible un chirurgien réputé.

Est-il important de bien préparer ma consultation ?

Oui, il est important de bien préparer votre consultation et nous vous conseillons de lire le chapitre « Comment préparer ma consultation de chirurgie plastique ? ».

De même, avant l’intervention, il est important de bien préparer son intervention et notamment éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires 8 à 10 jours avant, car leur prise pourrait augmenter le risque de saignement et le risque d’hématome dans les suites postopératoires.

Une zone opérée reste-t-elle plus sensible au soleil et au bronzage ?

Oui, c’est tout à fait vrai.  Nous vous conseillons de lire le chapitre « Soleil et chirurgie plastique ». En effet, la cicatrice met plusieurs mois à devenir mature  c’est-à-dire à redevenir blanche. Il convient donc de  protéger du soleil de façon stricte les cicatrices immatures pour éviter les cicatrices hypertrophiques (cicatrices rouges et gonflées ou de couleurs différentes ; les dyschromies (irrégularités de couleur des  cicatrices). La protection de la zone opérée peut se faire facilement par la mise en place d’écran solaire.

Est-il vrai que certaines interventions de chirurgie esthétique ne laissent pratiquement pas de cicatrices visibles ?

Oui, cela est tout à fait vrai. Selon la technique utilisée et le positionnement de la cicatrice, il est tout à fait possible de camoufler la cicatrice afin de la rendre presque invisible. Ceci est particulièrement vrai pour la liposuccion pour laquelle les cicatrices sont de l’ordre de quelques millimètres, et sont cachées dans la plis naturels  ; Ceci également le cas pour la chirurgie des paupières, pour laquelle la cicatrice est cachée dans les plis de la paupière ;  idem pour la chirurgie d’augmentation mammaire pour laquelle la cicatrice est pratiquement invisible ; de même pour la chirurgie d’augmentation mammaire par lipomodelage esthétique des seins pour laquelle les cicatrices de l’ordre de 1 à 2 mm et sont pratiquement invisibles à 1 an.

Qu’appelle-t-on les « mirages » de la médecine esthétique ?

Les « mirages » de la médecine esthétique représentent un ensemble de techniques présentées « comme miraculeuses », sous la forme de marketing, et qui sont proposées par certains praticiens ou par des non médecins, et qui ne peuvent pas tenir les promesses qui sont faites aux patientes. Ce sont souvent des techniques non validées scientifiquement, et qui ne sont d’ailleurs pas retenues par l’ensemble de la communauté scientifique. On peut retenir parmi ces techniques : les granules de corail, les injections de produits non résorbables, les «liftings médicaux», et certaines lipolyses médicales utilisant des produits hyper et hypo-osmolaires.  Ces techniques n’ont pas montré leur efficacité, et seules les techniques, ayant fait l’objet d’études cliniques, devraient être utilisées en pratique libérale.

Les cellules souches, dont on parle beaucoup actuellement, ont elles une application pratique en Chirurgie esthétique ?

Nous utilisons, de façon indirecte, les cellules souches d’origine graisseuse par les transferts graisseux, qui apportent des cellules souches et régénèrent les tissus.

Par contre, l’utilisation de cellules souches séparées par collagénase des autres tissus n’a pas prouvé son efficacité, et relève plus du marketing que d’une vraie évaluation scientifique. Nous travaillons sur ce sujet depuis 2006, et nous avons un laboratoire de recherche qui travaille sur les cellules souches graisseuses et les cellules souches mammaires, et nous suivons donc ce thème  de recherche de très près. Les espoirs que nous avions mis initialement dans ces transferts de cellules souches ont été un peu déçus. Il s’agira certainement d’un des progrès des 20 ou 30 prochaines années.  Mais pour que les cellules souches d’origine graisseuse évoluent vers  un tissu spécifique, il faudra probablement ajouter des facteurs de croissance spécifiques qui sont encore à développer ;  et des études complémentaires sont nécessaires pour mettre au point ces techniques complémentaires. Il s’agit d’un travail de recherche passionnant, mais aujourd’hui, aucune étude chez l’homme n’a montré de réelle supériorité du transfert de cellules souches accompagnant le transfert graisseux,  par rapport à un transfert de tissu  graisseux simple.

Est-il vrai que, lorsqu’une intervention de chirurgie esthétique n’est pas satisfaisante, on ne peut plus rien faire ?

Certes, il faut tout faire pour avoir dès la première intervention pour que le résultat soit satisfaisant et éviter un geste supplémentaire. Et nous vous engageons à choisir un chirurgien très expérimenté, qui évitera au maximum le risque de reprise chirurgicale (lire le chapitre : « comment choisir un bon  chirurgien plasticien ? »).

Par contre, si le résultat ne vous satisfait pas, et que le chirurgien qui vous a  opérée ne se sent pas de reprendre l’intervention,  il est tout à fait possible de consulter un chirurgien expérimenté qui pourra améliorer le résultat et vous donner un résultat qui puisse vous convenir. Avec l’expérience, nous recevons des cas secondaires qui viennent d’assez loin, car nous avons appris grâce à la chirurgie réparatrice, à gérer les cas difficiles,  ou les cas ayant fait une complication (cf. « Amélioration des résultats insuffisants d’une chirurgie esthétique du sein »).

Pourquoi ces techniques non validées, et qui ne marchent pas bien, se développent-elles autant ?

C’est la question que l’on peut se poser. Les mirages de la médecine esthétique trouvent un développement important car beaucoup de personnes aimeraient avoir une modification de leur image sans passer par la chirurgie, qui leur fait peur. On a tous envie de croire au Père Noël, même s’il n’existe pas. En effet, beaucoup de personnes ont peur de la chirurgie ou de l’anesthésie,  et sont prêts parfois à consacrer un budget important pour une amélioration, même modérée, par ces « techniques miraculeuses».

Pourquoi se méfier des « mirages» de la médecine esthétique, ou de nouvelles techniques de chirurgie esthétique non validées ?

Les « mirages» de la médecine esthétique et de la chirurgie esthétique non validée entrainent une déception et, par la suite, ces personnes peuvent être méfiantes avant d’envisager une nouvelle correction de leur problème. Cette déception risque de les conforter dans leur mal-être ; alors que si on avait utilisé la bonne technique chirurgicale, adaptée à leur problème, les patientes auraient probablement été satisfaites. Il faudra attendre suffisamment  de temps, pour que l’œdème ait disparu et que les effets secondaires de la technique utilisée aient disparu, avant d’envisager une nouvelle intervention. Il existe aussi également probablement une raison financière à ces « mirages ». Même s’ils sont proposés à des coûts importants, ces moyens restent souvent moins onéreux qu’une chirurgie plastique proprement dite, qui sera pourtant plus sûre, plus efficace, plus sécuritaire. Il faut considérer que la somme engagée pour une solution « mirage » correspond à une perte financière pure puisque le résultat à long terme est proche d’un résultat nul, qui entrainera de la déception et de l’insatisfaction. En pratique, il faut donc se méfier de ce qui est « trop beau pour être vrai ». En chirurgie plastique, comme dans les autres domaines de la vie, il faut avoir du bon sens : les protocoles ou les concepts non validés, ou les techniques qui paraissent très spectaculaires, doivent être évités. La médecine esthétique a fait beaucoup de progrès et de nombreux médecins ou chirurgiens maitrisent bien ces techniques. Il faut savoir connaitre les limites de la médecine esthétique et de chirurgie esthétique « light». Lorsqu’une intervention chirurgicale est nécessaire, il convient de confier la patiente à un bon chirurgien plasticien qui sera à même de proposer l’intervention chirurgicale nécessaire à la correction désirée. C’est pourquoi, les chirurgiens plasticiens s’occupent actuellement de médecine esthétique, de manière à pouvoir saisir le moment où la médecine esthétique n’est plus efficace, et qu’il est temps de passer à une intervention chirurgicale permettant de donner le résultat escompté.

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