Lifting du sourcil

Le lifting du sourcil est une intervention de chirurgie esthétique, qui vise à replacer le sourcil grâce à une résection cutanée située juste au-dessus du sourcil. La position trop basse du sourcil peut être d’origine familiale, ou est plus souvent due à un abaissement progressif du sourcil lié à l’âge.

Cette intervention de chirurgie esthétique ne peut pas faire l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie.

Le but du lifting du sourcil est de traiter l’affaissement du sourcil, dans sa globalité, en sachant que c’est souvent la partie latérale du sourcil qui est le plus abaissée.

Cette intervention n’a pas pour but de modifier les traits du visage, mais juste de replacer les structures anatomiques dans la position qui était la leur quelques années auparavant.

Avec l’âge, la position du sourcil peut avoir tendance à être plus basse, notamment au niveau de la région latérale, appelée queue du sourcil, donnant un aspect plus « lourd » au regard. Cette ptose du sourcil est secondaire à une augmentation de la laxité cutanée, mais également à un déséquilibre musculaire. Idéalement, la partie latérale, c’est-à-dire la queue du sourcil, doit être légèrement plus haute que le corps et la tête; ce qu’essaye de restaurer l’intervention.

Le lifting du sourcil permet également de rétablir une distance plus harmonieuse entre les cils et les sourcils. Par contre, cette technique n’a pas pour objectif de corriger l’excès cutané éventuel de la paupière supérieure, qui doit faire l’objet d’une correction spécifique par une blépharoplastie supérieure.

Dans certains cas, une lipostructure du sourcil (injection de graisse au niveau du sourcil) peut être associée en cas de fonte du coussinet adipeux de Charpy.

L’interrogatoire et l’examen clinique permet de confirmer la position basse du sourcil, et de confirmer l’indication opératoire. Il est important d’apprécier les qualités d’éventuelles autres cicatrices, notamment les cicatrices faciales si le patient en a.

Lors de cette première consultation, votre chirurgien plasticien vérifie votre demande, vérifiera l’indication opératoire, et vous guidera vers le meilleur choix thérapeutique.

En cas de blépharoplastie associée, un examen ophtalmologique récent est nécessaire.

Il faut éviter tout médicament contenant de l’aspirine, ou des anti-inflammatoires, 10 jours avant l’intervention.

Enfin, en fonction du type d’anesthésie, on pourra vous demander de rester à jeun (ne rien manger) 6 heures avant l’intervention, s’il s’agit d’une anesthésie générale, ou une neurolept-analgésie.

L’intervention peut être réalisée sous anesthésie locale pure, pratiquée alors par le chirurgien juste avant l’intervention ; elle peut être réalisée sous anesthésie locale + neurolept-analgésie (anesthésie dite « vigile »), ou sous anesthésie générale classique durant laquelle vous dormez complètement.

L’intervention se pratique habituellement en chirurgie ambulatoire, c’est-à-dire que vous sortez le jour même de l’intervention, immédiatement ou quelques heures après, en fonction du type de d’anesthésie.

La position et la taille de la cicatrice doivent être adaptées au cas. Juste avant l’intervention, il est réalisé un dessin de l’excision cutanée. Avec le doigt, le chirurgien évalue la quantité de peau en excès, et il réalise un dessin de la résection sus-sourcilière. Le tracé se fait au ras du sourcil pour dissimuler au mieux la cicatrice. La résection a la forme d’un fuseau, dont la partie la plus large siège le plus souvent à la partie externe du sourcil, de façon à bien replacer la région latérale du sourcil. Les sutures sont réalisées avec une grande minutie afin de favoriser au maximum les cicatrices discrètes. La résection peut être cutanée ou musculo-cutanée. Une légère hyper-correction est habituellement réalisée, qui sera temporaire.

Il n’y a pas de douleurs importantes mais plutôt un certain inconfort, une sensation de tension au-dessus du sourcil.

Les premiers jours, il faut se reposer et éviter tout effort violent qui pourrait favoriser un saignement.

Les suites opératoires sont marquées principalement par l’apparition d’un œdème (gonflement), et d’ecchymoses (bleus) dont l’importance et la durée sont très variables en fonction des patients. Habituellement, une légère hypercorrection est réalisée. Le relâchement cutané se fera dans les jours ou dans les semaines suivant l’intervention, permettant alors de trouver la bonne position finale du sourcil.

Les cicatrices peuvent être un peu rouges initialement. Cette rougeur initiale peut être dissimulée les premiers mois par du maquillage.

Un délai de 2 à 6 mois est nécessaire pour réellement apprécier le résultat. C’est le temps nécessaire pour que les tissus retrouvent leur souplesse, en sachant qu’habituellement, il faut une année pour que la cicatrice soit mature et ait fini son évolution. L’intervention aura le plus souvent permis de corriger le relâchement cutané, et aura permis de replacer le sourcil « ouvrant » le regard, le supprimer ou atténuer l’aspect lourd du sourcil.

Les résultats d’un lifting du sourcil sont en général durables. Par contre, la peau continue à vieillir et les muscles continuent à bouger, de ce fait, à la longue, une récidive de la ptose du sourcil peut se reproduire. Il est cependant rare qu’une nouvelle intervention soit envisagée avant 10 à 12 ans.

Si vos souhaits sont réalistes, le résultat obtenu vous donnera habituellement satisfaction.

Les imperfections du résultat peuvent être induits par un malentendu concernant ce qu’on peut raisonnablement espérer de l’intervention. De même, il faut bien comprendre que l’excès cutané de la paupière supérieure ne peut être corrigé que par une blépharoplastie supérieure (et s’il y a une demande à ce niveau, il faut donc réaliser une blépharoplastie supérieure dans le même temps).

Dans certains cas, les imperfections peuvent survenir d’une réaction tissulaire inattendue, de phénomènes cicatriciels inhabituels. En général, ces petites imperfections disparaissent avec le temps. Si ce n’était pas le cas, ces imperfections peuvent, dans certains cas, corrigé par une retouche qui se fera, la plupart du temps, sous anesthésie locale mais pas avant 6 à 8 mois après l’intervention initiale pour laisser le temps à la cicatrice de se stabiliser.

Concernant l’anesthésie : lors de la consultation, le médecin anesthésiste vous informera lui-même des risques anesthésiques. Le fait d’avoir recourt à un anesthésiste compétent dans un contexte chirurgical fait que ces risques encourus sont devenus très faibles.

Concernant le geste chirurgical, les vraies complications sont rares à la suite du lifting du sourcil. Ces complications sont :

  • hématomes : la plupart du temps sans gravité ; ces hématomes peuvent être évacués, s’ils sont importants, par ponction ou abord direct.

  • infection : l’infection est exceptionnelle lors du lifting du sourcil, à part de micro-abcès qui sont plus des réactions à un point qu’une véritable infection.

  • anomalies de cicatrisation : les cicatrices hypertrophiques sont assez rares dans cette zone du visage. Il faut seulement bien comprendre que la cicatrisation mettra de 6 mois à 1 an pour être définitive, avec parfois une inflammation un peu plus marquée lors des 6 premiers mois.

  • perte de quelques poils du sourcil : est possible, et cette perte est habituellement transitoire.

  • diminution de la sensibilité supra-sourcilière : elle est fréquente, et s’atténue progressivement avec le temps.

  • parésie du muscle frontal : des cas exceptionnels de parésie du muscle frontal ont été décrits. habituellement cette parésie disparait au bout de quelques semaines ou de plusieurs mois.

Le lifting du sourcil est une intervention relativement méconnue, mais qui a sa place dans l’arsenal thérapeutique, en cas de chute du sourcil. Lorsque l’indication est bonne, cette intervention peut donner de bons résultats.

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