Place de la chirurgie plastique

Le tissu graisseux est un tissu qui peut subir des modifications majeures de volume au cours de la vie. Ces modifications se font surtout en fonction des apports alimentaires et nutritionnels, non adaptés au métabolisme du moment de l’organisme. L’excès majeur du tissu graisseux conduit à l’obésité, comme nous l’avons vu, et cet excès lorsqu’il est important, entraine des problèmes métaboliques et médicaux induits, sources de complications posant de véritables problèmes de santé publique (comme nous l’avons vu plus haut dans « Les conséquences de l’obésité »). On peut globalement distinguer deux types de graisse : la graisse métabolique et la graisse génétique. La graisse métabolique varie avec le régime alimentaire et les apports alimentaires, et a une répartition diffuse. La graisse génétique correspond, elle, à une ou des stéatoméries (stéato = graisse et méries = parties), formant une zone graisseuse qui, lorsqu’elle est constituée, est très difficile à faire partir. On peut considérer qu’il s’agit d’un véritable « compte en banque bloqué », la graisse métabolique constituant alors « le compte courant », formule qui permet de bien comprendre le concept.

Le concept de stéatomérie se définit, en effet, comme une zone graisseuse familiale et génétique. Cette zone graisseuse a été constituée, d’un point de vue finaliste et évolutif, pour servir de réserve et faire face aux famines. De nos jours, dans les pays développés, les famines ont heureusement disparu, si bien que ces zones graisseuses augmentent régulièrement lorsque le métabolisme de l’organisme ne consomme pas l’excès d’apport alimentaire. Le fonctionnement de la stéatomérie peut se résumer ainsi : toute calorie en excès par rapport aux apports, nécessaires et suffisants pour la personne, se met en stock dans la stéatomérie. Il est ainsi facile de stocker dans cette zone, mais très difficile de déstocker (« compte bloqué ! »). La stéatéomérie se comporte comme une zone avec un filtre qui laisserait passer la graisse dans un sens pour le stockage, mais qui empêcherait son départ dans l’autre sens. On comprend donc très bien la difficulté ensuite de perdre cette stéatéomérie, et de perdre du poids, puisque c’est seulement en cas de famine, que l’on déstockerait cette zone. Il est, de plus, intéressant de remarquer que la séatéomérie peut être propre à une famille, non seulement par sa localisation, mais aussi dans certains cas par une expression à un âge donné (par exemple, une patiente qui ne stockait pas mais, à l’âge de 50 ans, s’est mise à stocker sur une stéatomérie abdominale, exactement comme sa mère l’a fait au même âge).

Pourquoi est-il si fondamental de comprendre ce concept de stéatomérie ? Parce que sa méconnaissance peut conduire au développement d’un surpoids, puis d’une obésité, d’abord segmentaire puis globale ; et parfois même, de découragement en découragement suite aux échecs de régimes successifs, elle peut conduire également aux échecs du traitement de l’obésité et du surpoids, car la graisse stockée ne se déstocke effectivement qu’en cas d’apports nutritionnels vraiment très faibles (« Docteur, je ne mange presque plus rien et je ne maigris pas !»), difficilement compatibles avec une vie normale en société. Les syndromes segmentaires inférieurs peuvent même conduire aux échecs des interventions privatives du traitement de l’obésité qui ne sont pas, d’ailleurs pour cela, de bonnes indications, et ceci est d’ailleurs peu connu, et parfois même des spécialistes du traitement de l’obésité.

Il est fondamental de faire le diagnostic précoce de ces stéatoméries. Pour faire le diagnostic, on est aidé par le contexte par le contexte familial (qui peut cependant sauter une génération, car l’expressivité est variable) permettant d’évoquer ce diagnostic de stéatomérie. Lorsqu’on s’aperçoit que la personne a tendance à stocker à un endroit de l’organisme, il faut en faire un diagnostic précoce, et limiter absolument les apports alimentaires. Il serait très important que les pédiatres connaissent ce concept de stéatomérie, +++ pour conseiller les enfants et les adolescents, avant qu’une stéatomérie importante ne s’installe et amorce le cercle vicieux du surpoids, conduisant progressivement à l’obésité du fait du mal-être et des échecs des régimes.

La chirurgie plastique est une arme méconnue mais pourtant fondamentale pour la prise en charge du surpoids et de l’obésité. La chirurgie plastique, par contre, ne doit intervenir qu’après le trépied de prise en charge du surpoids et de l’obésité à savoir : la prise en charge nutritionnelle, la prise en charge sportive, et enfin la prise en charge psychologique. L’apport de la Chirurgie Plastique peut être très important, et va contribuer à aider le patient à rentrer dans un cercle vertueux (« j’amorce mon amaigrissement => je vais mieux => je fais plus de sport=>je vais mieux=> je fais attention à ce que je mange, à mon corps, et à mes tenues vestimentaires => je vais de mieux en mieux »).

La chirurgie plastique, et cela est peu connu, peut participer grandement à la prévention du surpoids et de l’obésité. Si le chirurgien plasticien connait bien les mécanismes du surpoids et de l’obésité, il peut les expliquer au patient avant que le cercle vicieux ne soit constitué, et le Chirurgien Plasticien fera tout pour, au contraire, faire entrer le patient dans le cercle vertueux expliqué plus haut. A ce stade, la contribution de la Chirurgie Plastique peut se faire de différentes façons :

  • Traitement d’une stéatomérie : lorsqu’un patient vient pour un excès graisseux localisé, le chirurgien plasticien en profite pour faire de l’éducation comportementale, et il explique que les conditions de mise en œuvre de la chirurgie plastique ne se feront qu’après prise en charge nutritionnelle, reprise d’une activité physique importante, et prise en charge psychologique. Mais, une fois que la stéatomérie est solidement constituée (la stéatomérie la plus fréquente et la plus connue est la « culotte de cheval »), que ce soit de façon isolée, ou dans le cadre d’un syndrome segmentaire, la seule solution est souvent la liposuccion (liposuccion.emmanueldelay.fr) de façon à enlever l’excédent localisé de cellules graisseuses. Plus la liposuccion aura lieu de façon précoce, meilleurs seront les résultats, car le facteur limitant la liposuccion est la qualité de la peau, et ses capacités rétractiles, qui se restreignent avec l’âge et avec la distension cutanée. Il est fondamental de prendre en charge ces patients très tôt +++ (et cela aussi est peu connu des Médecins nutritionnistes et des pédiatres) afin d’éviter une distension cutanée très importante, qui ne permettrait plus la rétraction cutanée, et obligerait à des résections cutanées, comme nous le verront plus loin. Ces interventions seraient source de séquelles cicatricielles importantes, et on comprend très bien l’intérêt d’une prévention et d’une information très précoce des patients afin de les prendre en charge au tout début du processus (« Il est plus facile d’arrêter une pierre roulant en haut de la colline qu’en bas de la colline !»).

  • Lors de la prise en charge de patientes avant interventions de chirurgie plastique type cure d’hypertrophie mammaire (hypertophie-mammaire.emmanueldelay.fr), traitement du sein tombant ou cure de ptose (mastopexie.emmanueldelay.fr), ou abdominoplastie (abdominoplastie.emmanueldelay.fr), il est important que le chirurgien plasticien profite de ce moment privilégié de la consultation de chirurgie plastique pour faire de l’éducation comportementale, en expliquant au patient la prise en charge du surpoids, avec son trépied : nutrition, activité physique, prise en charge psychologique. Ces consultations sont souvent des moments privilégiés, pour amorcer un cercle vertueux et ainsi, éviter le passage au surpoids, qui pourrait potentiellement conduire à l’obésité à long terme, à la suite d’échecs de régimes inadaptés, comme on le voit trop souvent.

  • Le traitement de l’hypertrophie mammaire, en lui-même, représente un élément préventif du traitement de l’obésité. En effet, j’estime qu’environ 20% des hypertrophies mammaires importantes conduiront à un surpoids, qui pourrait entrainer une obésité. Il s’agit sans doute d’un mécanisme inconscient dans lequel la patiente « noie » relativement son excès poitrine dans une adiposité plus globale, pour rendre cet excès de féminité un peu moins marqué et plus acceptable pour son économie psychique, et sa vie en société. Il est donc fondamental, lorsqu’on prend en charge une hypertrophie, de rentrer dans le cercle vertueux et, en général, pour un excès de 10 kg, « on coupe la poire en deux » et on demande à la patiente de perdre 5 kg avant et 5 kg après l’intervention de cure d’hypertrophie mammaire. Parfois, la patiente a eu du mal à perdre du poids, mais il faut quand même réaliser l’intervention de façon à rentrer dans le cercle vertueux. La patiente sera beaucoup mieux ensuite pour pratiquer une activité sportive qui est une des clés du succès à long terme du traitement du surpoids. En effet, l’hypertrophie mammaire entraine des douleurs dorsales, et une gêne à la pratique sportive qui est souvent une explication, et parfois un alibi pour ne pas pratiquer d’activités physiques et sportives.

  • Liposuccion : la liposuccion (liposuccion.emmanueldelay.fr) est une arme très puissante dans la prise en charge curative du surpoids et de l’obésité. Elle peut, au début de la prise en charge du surpoids et de l’obésité, aider à amorcer l’amaigrissement car, en une séance, on peut perdre facilement 4 à 5 kg, ce qui permet d’améliorer de façon spectaculaire la silhouette, et d’entrer d’emblée dans le cercle vertueux. Cela peut être très utile et très efficace à long terme. En cours de traitement de l’obésité, l’amaigrissement parfois stagne, et il peut être intéressant de proposer une liposuccion pour relancer cet amaigrissement et, à nouveau, encourager le patient dans sa perte de poids, et son amélioration morphologique. Enfin, la liposuccion peut, dans certains cas, si la peau est suffisamment tonique, permettre de finir le traitement de l’excès graisseux en liposuçant l’excès graisseux de la stéatomérie, qui a été en partie la cause du problème initial.

  • Traitement des séquelles de l’amaigrissement : après amaigrissement majeur, la peau a du mal à se redraper et il existe alors un excès cutanéo-graisseux en différents endroits, qui entrainent des bourrelets, et souvent une gêne importante. Lorsque le poids est bien stabilisé depuis environ 1 an, on peut envisager des interventions correctrices de ces séquelles d’amaigrissement, et différentes interventions peuvent être proposées :

    • abdominoplastie (abdominoplastie.emmanueldelay.fr),

    • cure de ptose (mastopexie-emmanueldelay.fr),

    • lifting de la face interne des bras (lifting-bras.emmanueldelay.fr),

    • lifting de la face interne des cuisses (lifting-cuisses.emmanueldelay.fr),

    • lifting du visage (lifting.emmanueldelayfr).

Ces différentes interventions sont très utiles pour traiter les séquelles, et encourager la personne dans son amélioration corporelle et son gout à prendre soin de son corps. En effet, l’amaigrissement important peut entrainer des séquelles physiques majeures qui, si elles ne sont pas considérées, peuvent décourager la personne, et lui renvoyer une image négative d’elle-même. Cela peut être source de récidive de l’obésité. Idéalement, un projet global aura été conçu, et chaque intervention sera prévue et organisée avec minutie, pour constituer à chaque fois, un élément positif d’entrainement permettant à la personne de continuer de renforcer le cercle vertueux pours se sentir toujours de mieux en mieux.

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