Questions – Réponses concernant la crise des prothèses PIP et concernant les changements de prothèses mammaires

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Questions – Réponses concernant la crise des prothèses PIP et concernant les changements de prothèses mammaires

Auteur : Emmanuel Delay – http://www.emmanueldelay.fr

 

 

 

1. Quel est le problème actuel?

Grâce aux déclarations de matério-vigilance faites régulièrement par les chirurgiens plasticiens français, l’AFSSAPS a mis en évidence une augmentation du nombre de ruptures de prothèses déclarées, concernant la marque de prothèses PIP. Ce taux de rupture anormal des prothèses PIP a conduit à une inspection par l’AFSSAPS sur le site de la Société PIP (Poly Implant Prothèse), et qui a mis en évidence certains dysfonctionnements aboutissant à la décision de retrait des prothèses de cette marque.

2. Quelle est la marque de prothèses concernée par la décision de l’AFSSAPS ?

Il s’agit de la marque PIP (Poly Implant Prothèse).

3. Est-ce que le Dr DELAY a implanté des prothèses de cette marque ?

Non, par chance et par choix, le Dr Delay n’a jamais implanté de prothèse de cette marque.

4. Y a-t-il des inquiétudes pour d’autres marques ?

Non, concernant les autres marques de prothèses, les fabricants présents sur le marché ont spontanément adressé des courriers justifiant la qualité de leur produit et en particulier la qualité et la conformité du gel utilisé.

5. Quelle est la particularité de ce problème ?

Une rupture prothétique est toujours possible à long terme avec n’importe quelle prothèse, la particularité de ce problème semble être que la qualité des implants PIP engendre avec ces implants PIP récents un taux de rupture qui serait anormalement élevé, ce qui a conduit à la suspension et au retrait de cette marque par l’AFSSAPS.

6. Y-a-t-il un risque urgent pour la patiente ?

Non, il n’y a pas de risque urgent. Le risque serait un risque accru de rupture de prothèse mammaire.

7. Quel est le risque de ces prothèses PIP ?

Risque accru de rupture prothétique.

8. Quels signes cliniques doivent faire penser à une rupture prothétique ?

Soit une sensation de durcissement progressif du sein, soit inversement une sensation de consistance trop molle. Il peut ne pas y avoir de signe clinique détectable par la patiente.

9. Peut-on diagnostiquer cliniquement une rupture prothétique ?

Un opérateur entraîné peut faire le diagnostic de rupture prothétique, avec un taux de fiabilité assez élevé.

10. Quels sont les examens fiables pour faire le diagnostic para-clinique de rupture prothétique ?

Echographie mammaire, mammographie numérisée et IRM. En première intention, une échographie mammaire doit être prescrite(recommandation de l’AFSSAPS) , et réalisé dans un centre entrainé. Cet examen est sans danger et peut permettre de confirmer l’absence de rupture et permettre de rassurer la patiente.

Si l’échographie est normale, elle devra être répétée une fois par an avec ce type de prothèse ; ou avant, en cas de survenue d’un signe clinique.

11. En cas de rupture, faut-il changer l’implant ?

Oui, mais sans urgence.

12. Quel est le degré d’urgence ?

Il n’y a pas d’urgence. Une rupture intra-capsulaire (limitée par la membrane péri-prothétique formée par la patiente) devient extra-capsulaire (en dehors de la membrane formée naturellement par la patiente) en 1 à 3 ans.

13. Y-a-t-il un risque local ?

Oui, en cas de rupture intra-capsulaire celle-ci peut devenir extra-capsulaire avec un délai variable de 1 à 3 ans, et le risque devient alors le développement d’un siliconome (zone dure se formant en réaction au silicone) ou d’un ganglion siliconique.

14. Y-a-t-il un risque général ?

D’après les données actuelle de la science, il n’y a pas de risque général à craindre. Les ruptures prothétiques sont un problème bien connu mais qui est un phénomène rare et qui justifie le changement régulier des prothèses, habituellement après une durée de 10 ans. Toutes patientes ayant des implants, si elles notent une consistance anormale, soit un durcissement tardif soit une sensation trop molle doit de toute façon consulter pour faire examiner sa poitrine. En cas de suspicion de rupture, le plus simple est d’envisager un changement des prothèses. La particularité de cette crise serait le taux anormalement élevé de rupture, qui a fait appliquer le principe de précaution, et entraîner la suspension de l’implantation de ces prothèses de ces produits ; par l’AFSSAPS.

15. Pour les autres marques de prothèses, faut-il envisager un changement systématique de prothèses régulièrement ?

Les ruptures prothétiques sont un problème bien connu qui est un phénomène rare, mais qui justifie le changement régulier des prothèses. Nous préconisons un changement de prothèse environ tous les dix ans (durée de responsabilité des fabricants). En pratique la patiente doit être suivie régulièrement (en général annuellement) par son gynécologue au niveau de ses seins. Elle doit revoir son chirurgien plasticien rapidement en cas d’anomalie de consistance ; et dans tous les cas le revoir à 10 ans. Si la prothèse est intacte à 10 ans, il sera possible de prolonger un peu la durée d’implantation. Mais après 10 ans, le moindre doute concernant les prothèses devra conduire à un changement des prothèses, mais sans aucune urgence.

 

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Dr Emmanuel DELAY

Le Docteur Emmanuel DELAY (Dr ED, Lyon) est chirurgien plasticien à Lyon. Il a été formé en France à Lyon (au CHU de Lyon Il est Ancien Interne des Hôpitaux de Lyon, ancien Chef de Clinique Assistant des Hôpitaux de Lyon, à l’Hôpital St-Luc, et au Centre Léon Bérard), à Toulouse (CHU Rangueil), en Belgique à Bruxelles (service Pr M LEJOUR), et aux ETATS UNIS, notamment à l’Emory University d’Atlanta (Pr J. BOSTWICK, Pr F NAHAI).

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