Questions – Réponses

Qu’est-ce qu’une stéatomérie ?

Une stéatomérie se définit comme une zone graisseuse d’origine familiale et génétique, qui a été constituée, d’un point de vue finaliste et évolutif, pour servir de réserve et faire face aux famines.

Aujourd’hui, heureusement, les famines ont disparu dans les pays développés mais si les famines ont disparu, les stéatoméries restent ! Si bien que tout apport alimentaire en excès, pour une personne ayant ce système de stockage, entrainera une accumulation de graisse à ce niveau +++.

Pourquoi est-il si important de connaitre ce concept de stéatomérie ?

Parce que sa méconnaissance peut conduire au développement d’une obésité d’abord segmentaire, puis plus globale, par phénomènes de découragement et de dépréciation, suite aux échecs de régimes successifs ; elle peut même conduire à des échecs du traitement de l’obésité et du surpoids, notamment par les régimes, car la graisse stockée ne se déstocke effectivement qu’en cas d’apport nutritionnel mineur (« Docteur, je ne mange presque plus rien, et je ne maigris pas ! ») difficilement compatible avec une vie familiale et sociale normale. Les syndromes segmentaires inférieurs peuvent même conduire aux échecs des interventions privatives du traitement de l’obésité, qui ne sont d’ailleurs pas de bonnes indications du fait de cette raison.

La stéatomérie peut-elle engendrer surpoids, puis obésité ?

Oui, ces stéatoméries peuvent engendrer progressivement un surpoids puis conduire à l’obésité. Il est donc très important de faire un diagnostic précoce de ces stéatoméries. En général, il y a un contexte familial (qui peut cependant sauter une génération, l’expressivité de ces stéatoméries étant variable), permettant d’évoquer ce diagnostic. Lorsque la personne s’aperçoit qu’elle a tendance à stocker à un endroit de l’organisme, il faut qu’un médecin en fasse le diagnostic, et explique à la patiente de limiter absolument les apports alimentaires. Il est vraiment très important que les pédiatres et nutritionnistes connaissent ce concept de stéatomérie, pour conseiller les enfants et les adolescents, avant qu’une stéatomérie importante ne s’installe.

Ce concept de stéatomérie est-il bien connu des médecins.

Non, le concept de stéatomérie est relativement méconnu car il n’a pas fait l’objet d’enseignement à la faculté. Ce concept a été remarqué par certains chirurgiens plasticiens ayant traité de nombreux cas d’excès graisseux localisés, comme le Dr Yves-Gérard Illouz (inventeur et développeur de la liposuccion), le Dr Raymond Vilain, et le Dr Jean-Claude Dardour. Ce concept est cependant très important à connaitre des patients mais surtout des médecins. Il est en effet fondamental que les pédiatres, les nutritionnistes et tous les médecins ayant rapport au traitement du surpoids et de l’obésité soient au fait de ce mécanisme. Il est en effet fondamental d’éduquer très rapidement les patients sur ce sujet, de façon à ce qu’ils limitent leur apport alimentaire pour ne plus stocker au niveau de ces zones de stéatomérie et qu’ils puissent bénéficier, si besoin, et de façon précoce, d’une liposuccion sur les zones de stéatoméries concernées, et éviter de rentrer dans un cercle vicieux d’aggravation progressive du surpoids.

Est-ce qu’une stéatomérie est facile à perdre ?

Non, une stéatomérie est, au contraire, très difficile à perdre puisqu’il s’agit d’une zone de stockage, qui a été conçue pour faire face aux famines et à ne se déstocker qu’en cas de famine ! C’est pourquoi il est fondamental de ne pas stocker à ce niveau ++.

Quel est le traitement spécifique de la stéatomérie ?

Une fois que la stéatomérie est solidement constituée, que ce soit de façon isolée ou dans le cadre d’un syndrome segmentaire, la seule solution est la liposuccion de façon à enlever l’excédent localisé de cellules graisseuses. Plus la liposuccion a lieu de façon précoce, meilleurs sont les résultats, car le facteur limitant la liposuccion est la qualité de la peau, et surtout les capacités de rétraction de la peau. Ces capacités de rétraction se restreignent avec l’âge et avec la distension cutanée.

Est-ce que je suis en surpoids parce que je mange mal ?

Oui, le fait de mal manger peut entrainer un surpoids, cela veut dire : manger avec un horaire inadapté (manger trop tard le soir, par exemple), en quantité trop importante (habitude familiale ou le fait de manger-pour une femme- en face à face de son conjoint homme-qui a des besoins alimentaires différents et plus importants-) , en sautant un repas, en mangeant des aliments trop riches en calories, ou tout simplement en n’adaptant pas son alimentation aux sorties caloriques, c’est-à-dire en mangeant plus que le nécessiterait l’activité physique.

Par l’éducation comportementale, on peut rétablir un cadre alimentaire permettant de manger à heures régulières, en prenant son temps, et en mastiquant bien pour retrouver la sensation de satiété. D’autre part, la qualité de l’alimentation est importante, et sera précisée, et éventuellement corrigée, par la prise en charge nutritionnelle. D’une façon globale, il faut augmenter l’apport en fibres, en mangeant plus de fruits et légumes, ne pas négliger l’apport en protéines, en limitant cet apport à une portion par repas, et en privilégiant les sucres lents par rapport aux sucres rapides qui entrainent des rebonds insuliniques, donnant un effet de faim secondairement.

Est-ce que je grossis parce que c’est « ma nature » ?

« La nature », propre à chaque individu, est un facteur favorisant. En effet, si un de vos parents est obèse, le risque de devenir obèse à son tour pour un enfant est d’environ 40%, et ce risque peut monter jusqu’à 75% si les deux parents sont obèses. Il y a ici une nature génétique, mais également des habitudes alimentaires. Il n’est pas possible de modifier la génétique, aussi il faut agir essentiellement sur les comportements alimentaires et, bien-sûr, l’activité sportive. Ce qu’il faut comprendre, c’est que chaque personne a des besoins alimentaires spécifiques. Lorsqu’on dépasse son besoin alimentaire de base, le système de stockage se met en œuvre et cela aboutit progressivement au surpoids et à long terme à l’obésité.

Le plus important est de comprendre sa nature propre, et de s’adapter à cette nature de façon à équilibrer entrées et sorties caloriques ++++ pour stabiliser son poids, puis progressivement perdre du poids si l’on est en excédent pondéral.

Est-ce que je grossis parce que j’ai un "dérèglement hormonal" ?

Très souvent le dérèglement hormonal constitue l’alibi à beaucoup de personnes en surpoids. Il est exceptionnel qu’un dérèglement hormonal entraine un surpoids et une obésité. L’hyperthyroïdie et l’hypercortisolisme peuvent être une cause de surpoids initial. Lors du bilan initial, le médecin vérifiera l’absence de pathologie thyroïdienne et surrénalienne.

La majorité des patients ne présente pas de dérèglement hormonal ayant initialisé le surpoids et l’obésité. Mais, progressivement, l’obésité entraine effectivement un dérèglement hormonal. La graisse stockée devient progressivement malade et engendre des sécrétions hormonales par elle-même. Aussi, il faut rapidement sortir de ce cercle vicieux par une prise en charge nutritionnelle adaptée.

J’ai grossi parce que j’ai arrêté de fumer ?

Oui, cela est tout à fait juste. Lorsque l’on fume, le métabolisme de base, c’est-à-dire la quantité de calories consommée par l’organisme, est augmentée. Par ailleurs, la nicotine agit comme un « coupe-faim » et peut entrainer également une diminution des prises alimentaires.

Aussi, lorsqu’on arrête de fumer, il faut absolument augmenter l’activité sportive pour compenser le fait que l’organisme devient plus économe au point de vue calorique.

D’autre part, « l’oro-digitalité » (concept personnel décrivant la relation intime entre la main et la bouche, différent de l’oralité +++) peut inconsciemment être remplacée par une autre « oro-digitalité » représentée l’alimentation, et, inconsciemment, la personne peut prendre plus d’apport alimentaire, ou grignoter. Il est très important, dans cette période d’arrêt du tabac, de bien contrôler ses apports alimentaires et, dès que l’on a fini de manger, de bien se laver les dents afin de bien clôturer la fin du repas. En cas de besoin d’oralité entre deux repas, on conseille la prise d’eau minérale gazeuse qui permet de limiter l’anxiété sous-jacente, liée au manque d’« oro-digitalité ».

Je grossis à cause de mon traitement ?

Oui, un traitement médical peut tout à fait favoriser une prise de poids, c’est l’exemple des anti-dépresseurs et des anti-épileptiques, mais également celui des médicaments anti-hormonaux. Nous avons une grande expérience de patientes qui prennent des traitements anti-hormonaux (NOLVADEX, ARIMIDEX,…) dans le cadre du traitement du cancer du sein, et il faut comprendre que ces médicaments rendent l’organisme plus économe d’environ 400 à 500 calories+++. Si la patiente ne veut alors pas prendre de poids, elle doit augmenter de façon importante son activité sportive +++ et réduire un peu ses apports alimentaires, pour faire en sorte que la balance calorique global de l’organisme reste stable. Sinon, une prise de poids peut s’avérer inévitable, conduisant certaines personnes à stopper leur traitement, ce qui est tout à fait regrettable. Je prends souvent l’image d’une voiture qui se mettrait à consommer moins parce qu’on lui donnerait un médicament ! Si on pouvait mettre un comprimé dans le réserve et que la voiture ne consomme alors plus que 4 litres au lieu de 7 litres, il faudrait aller moins souvent chez le pompiste, car on aurait besoin de moins d’essence ; ou alors il faudrait rouler vraiment beaucoup, pour pouvoir aller chez le pompiste, si on est très attaché à lui !

Je grossis à cause de ma maladie ?

Oui, la maladie peut tout à fait favoriser une prise de poids. Cela peut être le fait ou la conséquence de la prise de médicaments, comme on l’a vu dans la question précédente, mais cela peut être également le fait de douleurs qui diminuent l’activité sportive, ou d’un petit état dépressif, qui fait que l’on a moins envie de faire d’activités sportives. Progressivement, en diminuant l’activité sportive, on déséquilibre la balance énergétique et l’organisme se met à stocker, surtout si on a une stéatomérie, héritée de façon génétique, et qui profites alors de la situation pour s’exprimer !

Est-ce que je grossis parce que je ne fais pas assez de sport ?

Oui, tout à fait, la prise de poids correspond à un stockage énergétique. Si on ne fait pas assez de sport par rapport à l’alimentation ingurgitée, incontestablement, on va stocker surtout si l’on a un système de stockage à type de stéatomérie.

Du fait du mode de vie actuel, du fait de notre métier (travail de bureau, informaticien, par exemples), du fait des déplacements en transports en commun ou motorisés, nous consommons de moins en moins de calories pour se déplacer, ou pour travailler. Il faut se souvenir que, génétiquement, nous sommes des « chasseurs – cueilleurs » +++, et que notre génétique a été prévue pour dépenser environ 2000 à 2500 Kcalories par jour, suivant les personnes. Lorsqu’on a une vie sédentaire, l’on dépense moins, et si l’on continue à s’alimenter sans dépenser, alors, incontestablement, l’on va prendre du poids et développer initialement un surpoids puis, à la suite de régimes, on peut développer une véritable obésité.

Est-ce que je grossis parce que je suis fatiguée ?

Oui, tout à fait, lorsqu’on est fatiguée, le métabolisme hormonal change. Les études ont montré, par exemple, que le manque de sommeil pourrait favoriser la prise de poids.

D’autre part, lorsqu’on est fatiguée, on n’a pas très envie de faire de l’activité sportive, et le cercle vicieux peut s’enclencher. Rapidement, il faut sortir de cet état de fatigue, en reprenant une activité physique progressive, et en augmentant le périmètre de marche, puis les activités sportives au cours de la semaine, pour retrouver rapidement une balance énergétique satisfaisante.

Est-ce que j’ai grossi parce que j’ai eu une période difficile dans ma vie ?

Oui, tout à fait, une période difficile dans la vie, notamment tous les phénomènes de deuil sont des situations à haut risque de prise de poids. Les situations très stressantes sont par exemples : les deuils de personnes proches, les séparations, les conflits conjugaux, les déménagements, le stress au travail. De façon inconsciente, l’« oro-digitalité » fonctionne davantage, c’est-à-dire que l’on va apaiser son stress interne par une prise de nourriture plus importante. Cette prise de nourriture plus importante, si elle n’est pas accompagnée d’une augmentation de l’activité sportive, va conduire inexorablement à une prise de poids, et enclencher un cercle vicieux. C’est pourquoi l’aide psychologique est fondamentale et constitue un des pieds du trépied de la prise en charge du surpoids. Parfois, les personnes ayant eu un « deuil difficile » redoutent de faire un travail psychothérapeutique, et disent «ça va aller ! ». En fait, il faut absolument leur faire comprendre que cette prise en charge psychologique est nécessaire et indispensable pour gagner sur la durée. L’ « oro-digitalité » agit un peu comme lorsqu’on appuie sur la soupape du haut de la « cocotte- minute » pour faire sortir la vapeur. Il faut donc diminuer la pression psychologique interne par la psychothérapie pour pouvoir se passe progressivement de l’excès d’ « oro-digitalité ».

Est-ce que je grossis parce que je suis très gourmand ?

Oui, le fait d’être très gourmand est un facteur de risque pour le surpoids, voire l’obésité. En effet, de nos jours, il est très facile de se procurer des aliments très appétissants, et qui donnent beaucoup de plaisir au niveau de la gustation. Là, les tentations sont multiples. Dans les gares, les aéroports, dans le métro, un peu partout…, sont proposés des aliments sucrés, qui font très envie. C’est pourquoi il faut absolument limiter l’apport alimentaire aux repas+++. Dès que l’on a fini de manger, il faut absolument se laver les dents et ne pas manger avant le prochain repas ++++.

Très souvent, ces aliments sucrés, proposés « en tentation » (le « Ne nous soumets pas à la tentation ! » a bientôt 2000 ans, mais reste d’actualité !!) dans toutes les situations publiques, sont très riches en calories, et, par exemple, une barre chocolatée (ou une viennoiserie) représente souvent la valeur calorique d’un repas. Et, l’on comprend très bien, le dérèglement que cela peut engendrer.

Est-ce que je grossis parce que je suis ménopausée ?

La ménopause entraine un changement métabolique important chez les femmes. Pour la plupart des femmes, le métabolisme change, et l’on perd de 400 à 500 Kcalories de besoin alimentaire chaque jour. Aussi, si l’on veut manger de la même façon, il faut bouger beaucoup plus, et faire beaucoup de sport. Je conseille personnellement aux patientes qui veulent rester « bien » la règle des « 1 heure de sport par semaine et par dizaine ». Si on a donc 50 ans, et que l’on veut garder un poids stable, il faut faire au moins 5 heures de sport par semaine. Habituellement, avec la ménopause, les personnes peuvent être fatiguées, et diminuent l’activité sportive, et si elles maintiennent l’apport alimentaire comparable, elles vont irrémédiablement prendre du poids. Mais ce n’est pas une fatalité : il faut juste comprendre les forces en présence !

Il faut donc anticiper la ménopause, et augmenter progressivement l’activité sportive avant cette période et après cette période, et limiter absolument et définitivement les apports alimentaires.

Je suis devenue obèse à cause des régimes ?

Oui, lorsqu’on prend en charge les anciens obèses, très souvent ils nous décrivent ce phénomène ++++. Le pondérostat (le système intracérébral qui règle le poids) se comporte « comme un élastique », et lorsqu’on tire dessus, il est étiré mais il ne lâche pas. Et, lorsqu’on relâche la tension sur cet élastique, il rebondit d’autant plus haut, créant l’effet de rebond des régimes.

Lorsqu’on veut perdre du poids durablement, il faut renoncer au mot « régime » ++++++. Il ne s’agit pas d’un régime puisqu’il s’agit d ’un changement d’alimentation à vie. Il faut progressivement refaire la balance entre le entrées et les sorties. Ceci doit être à vie, et il ne faut plus parler de régime. Tous les régimes restrictifs utilisent la même situation, à savoir une perte rapide de poids, qui est suivie dans les 6 mois, d’une reprise encore plus importante. Beaucoup de patients nous disent avoir perdu beaucoup de poids et avoir repris 5 kg en plus de leur poids initial. D’autres personnes leur ont conseillé d’autres régimes, et finalement, au bout de 5 ou 6 régimes, on se retrouve obèse. Seule, une prise en charge reposant sur le trépied de la prise en charge du surpoids (mesures nutritionnelles, augmentation de l’activité physique, prise en charge psychologique) est de nature à y gagner sur la durée ++++.

Je suis devenue obèse à la suite d’un traumatisme du genou.

Oui, cela est tout à fait possible. Un sportif de haut niveau, qui avait l’habitude d’avoir des apports nutritionnels élevés du fait de son entrainement intensif, et qui n’exprimait alors pas sa stéatomérie du fait de l’équilibre naturel entre entrées importantes et sorties importantes, peut développer une obésité à cause d’un traumatisme du genou. Si personne ne lui explique, il va en effet continuer son apport nutritionnel important (d’autant qu’il peut être stressé par son accident, et par le souci de ne pas pouvoir revenir à son niveau sportif), tout en n’ayant pas les sorties énergétiques équivalentes, car il doit être au repos du fait des suites post-opératoires.

Il est donc fondamental d’expliquer aux sportifs qui se blessent de réduire de façon draconienne les apports alimentaires +++.

Est-ce que je peux « avoir un anneau » pour éviter une prise en charge nutritionnelle ?

Non, il est tout à fait déplacé et non indiqué d’envisager une chirurgie   type « anneau gastrique », sans avoir réalisé une prise en charge nutritionnelle, car tout simplement ce serait un échec à terme. Le trépied de la prise en charge du surpoids est fondamentale pour le succès à long terme. C’est seulement en deuxième intention, après échec d’un traitement médical nutritionnel et psychothérapeutique bien conduit pendant 1 an, que pourra être envisagée une éventuelle chirurgie de l’obésité.

Il ne faut pas voir la chirurgie de l’obésité (chirurgie bariatrique) comme une solution permettant d’éviter le trépied de prise en charge. Si on ne fait que la chirurgie de l’obésité, le taux de récidive de l’obésité à long terme est très élevé. L’obésité est une maladie chronique, qui nécessite un suivi à long terme, avec un coaching pratiquement à vie, de façon à encourager régulièrement le patient à maintenir son activité physique et à continuer le contrôle des apports alimentaires.

Je saute le repas de midi pour maigrir mais cela ne marche pas : est-ce normal ?

Oui, cela est tout à fait normal. Sauter un repas n’est pas la bonne solution pour perdre du poids de façon durable et efficace. Sauter un repas pour une raison précise n’a pas beaucoup d’importance, mais il n’est pas conseillé de le faire de façon régulière. En effet, lorsqu’on saute un repas, les risques sont de compenser la faim par un grignotage entre les repas, ou de prendre des apports alimentaires beaucoup trop importants aux repas suivants. Pour perdre durablement du poids, il faut donc avoir une alimentation régulière, en quantité régulée, précise, et surtout pratiquer une activité physique et sportive importantes. Il faut donc privilégier le mode d’alimentation à trois repas par jour, en mangeant « un tout petit peu de tout ».

Faut-il boire beaucoup pour maigrir ?

Non, il ne sert à rien de boire des quantités énormes d’eau. Il est recommandé, comme pour toute personne, de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour ; sauf en cas d’activité sportive plus importante, ce jour-là, on boit davantage pour tenir compte de la déperdition liée à l’activité sportive.

Entre deux repas, il peut être, par contre, très intéressant d’avoir une bouteille d’eau minérale à portée de soi +++ de façon à, en cas de besoin d’« oro-digitalité », pouvoir boire un petit peu, ce qui peut apaise le sentiment de manque et permettre de passer le cap du milieu de demi-journée.

J’ai supprimé tous les sucres de mon alimentation pour perdre du poids, mais cela ne marche pas. Est–ce normal ?

Comme on l’a expliqué plus haut, il faut s’inscrire sur la durée ++++. Il faut renoncer à tout régime. Il faut faire en sorte que l’alimentation puisse être agréable pour tout le reste de la vie ++++. Aussi, il est tout à fait logique de se faire plaisir en ayant des apports sucrés, de temps en temps. Se faire plaisir n’est pas interdit, il faut juste pouvoir contrôler l’apport alimentaire pour ne pas dépasser les quantités nécessaires. Lors de l’alimentation équilibrée, aucun aliment ne doit être interdit. Il faut juste éviter l’excès de consommation d’aliments gras et d’aliments sucrés, qui pourraient conduire, par leur richesse calorique, à une prise de poids.

J’ai décidé de perdre du poids et de traiter mon surpoids moi-même. Est–ce une bonne idée ?

Il est possible que certains patients arrivent à perdre durablement du poids parce qu’ils ont pris conscience de tous les dysfonctionnements, qui s’étaient mis en place, et qu’ils ont décidé de « redresser la barre ». Cependant, le plus souvent, lorsque le surpoids ou l’obésité sont constitués, il est préférable d’avoir une aide ou des aides +++. Cette aide doit être triple : nutritionnelle, sportive et psychologique. Un coaching à long terme pour les patients ayant été obèses est également nécessaire pour s’inscrire dans la durée, et pour pouvoir garder les effets durables de l’amaigrissement tout au long de la vie.

Est-il vrai que la machine humaine est très économe et que l’organisme a besoin de peu d’énergie ?

Oui cela est tout à fait vrai, et doit être bien compris +++++. La machine humaine a été « bien conçue », est très écologique, et consomme très peu. C’est une bonne nouvelle par la planète, mais une moins bonne nouvelle pour ceux qui aiment bien manger ! Cela veut dire qu’il faut forcément agir sur les entrées, car il ne sera pas possible de dépenser par l’activité physique des apports importants.

Par exemples, Un 100 m en 10 s consomme 12Kcal ! (soit 2 cacahuètes ! pour mémoire : une cacahuète fournit 6Kcal) Un 5000 m consomme 375 Kcal ! Un marathon 3200 Kcal en 2h10 ! Un triathlon 10000Kcal en 8 h !

Un tour de France 200 Mcal en 23 jours ! (les chiffres indiqués sont des valeurs moyennes normalisées pour un adulte jeune masculin de 70 Kg).

Peut-il y avoir des freins au changement de comportement ?

Oui, en effet, il peut y avoir des freins au changement de comportement, conscients, ou le plus souvent inconscients. Ces freins peuvent expliquer la mise en échec des différents traitements mis en œuvre.

Quels sont les freins potentiels au changement de comportement ?

Les freins au changement de comportement peuvent être nombreux. Ils peuvent être en rapport avec des facteurs intrinsèques à la personne, ou en rapport avec des facteurs extérieurs comme la famille, et/ou en rapport avec des facteurs environnementaux. Il est important de connaître ces freins et il faut prendre le temps d’étudier à plusieurs reprises le chapitre « Freins au changement » ++++. Il faut le lire en début de prise en charge pour se motiver, commencer à comprendre certains enjeux, et amorcer l’échange psychothérapeutique (au début on peut « ne pas trop savoir quoi dire » au psychologue, ou au psychiatre, et cela peut aider à organiser sa pensée) ; puis le relire et l’étudier régulièrement au fur et à mesure du travail personnel et du travail psychologique, car ce chapitre est très dense et très riche, et l’on ne peut intégrer certains éléments qu’après l’avancée du travail psychologique et d’élaboration. Des choses apparaitront avec évidence en cours de psychothérapie, et un éclairage et une compréhension nouvelle permettront d’alimenter le travail personnel+++.

Faut-il se peser régulièrement ?

Les avis sont partagés sur la question. Pour nous, nous appliquons la règle du bon sens. Notre réponse est : oui, il est nécessaire de se peser 1 fois par semaine (pas plus de 2 fois par semaine). Le fait de se peser permet d’être encouragé si on va dans le bon sens ; et cela permet de redresser le tir et d’accentuer l’effort si l’on a pris du poids, ou chercher d’autres éléments de motivation, afin de rétablir la barre, et à nouveau reprendre la bonne direction.

J’ai essayé de maigrir : j’avais perdu 5 kilos, et j’ai tout repris ! Est-ce un échec ?

Non, ce n’est pas un échec à proprement parlé. Il s’agit d’une tentative qui n’a pas encore porté ses fruits ! Il faut se rappeler que l’échec le plus grave, ce n’est pas d’échouer, mais de ne pas avoir essayé ! +++ Il faut se souvenir de trois phrases de Churchill : « Le succès, c’est d’aller d’échec en échec, jusqu’à la victoire sans perdre son enthousiasme. » ; « Mieux vaut prendre le changement par la main, avant qu’il ne nous prenne par la gorge. » ; « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal : c’est le courage de continuer qui compte.» ++++.

Une stéatomérie peut–elle être propre à une famille ?

Oui, tout à fait. Il est intéressant de remarquer qu’une stéatomérie peut être propre à une famille, d’une part du fait de sa localisation (stockage au-dessus des hanches par exemple) mais aussi dans certains cas, par une expression à un âge donné (par exemple une patiente qui ne stockait pas, mais qui à 60 ans, se met à stocker sur une stéatomérie abdominale, exactement comme sa mère l’a fait au même âge !).

 

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