Nymphoplastie de réduction

Les petites lèvres sont deux replis cutanéo-muqueux situés entre les grandes lèvres. L’hypertrophie des petites lèvres peut être liée à différents facteurs mais les facteurs principaux sont congénitaux.

L’hypertrophie modérée des petites lèvres apparaît plus comme une variation anatomique qu’une malformation; si elle est très modérée, elle relève d’une chirurgie esthétique des organes génitaux externes.
En cas de forme sévère avec hypertrophie majeure ou en cas d’asymétrie importante, il s’agit d’une véritable malformation qui peut faire l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie.
La prise en charge par l’assurance maladie ne se fait que si il y a un problème fonctionnel réel. La nymphoplastie de réduction, en cas d’hypertrophie vraie est alors considérée comme chirurgie réparatrice ; et la codification se fait avec le code JMMA005. Cette prise en charge n’est pas soumise à entente prélable.
Si la déformation est très modérée, il s’agit d’une chirurgie esthétique et il n’y a alors aucune prise en charge, ni alors de possibilité d’arrêt de travail. Il faut alors appliquer les règles en cours en chirurgie esthétique (information précise, délai de réflexion, devis et consentement signé, réalisation de l’intervention dans une structure agréée pour la chirurgie esthétique).

Dans l’immense majorité des cas, l’hypertrophie des petites lèvres est idiopathique (c’est-à-dire sans cause connue) et correspond à une variation ou une malformation congénitales. Des cas exceptionnels ont été décrits secondaires à l’administration d’androgènes dans l’enfance, ou à une stase lymphatique d’origine  filarienne ( parasite :  filaria sanguinis hominis).

L’hypertrophie modérée des petites lèvres est habituellement asymptomatique. En cas d’hypertrophie assez importante, l’hypertrophie des petites lèvres peut donner des irritations locales, des difficultés dans la toilette intime, et lors des relations sexuelles ; et parfois une gêne à la marche.
Lorsque l’hypertrophie est modérée, il peut s’agir d’une simple gêne esthétique.
Il peut y avoir dans certains cas un véritable complexe remontant à l’adolescence, pouvant troubler la vie sexuelle et la vie amoureuse.

La technique chirurgicale habituelle est la technique dite des «  V inversés «  qui consiste à réséquer un V muqueux plus important que le V cutané, la technique enlève l’excès à la partie moyenne (voir animation 3D). La réparation se fait en 3 plans de façon très soigneuse. Cette technique permet une cicatrisation de très bonne qualité et ne donne pas de troubles sensitifs.
Cette intervention peut être réalisée en théorie sous anesthésie locale. Elle est en pratique réalisée le plus souvent sous anesthésie générale de courte durée, du fait de la localisation délicate et gênante pour la patiente.
Ce type d’intervention mérite toujours un délai de réflexion. La patiente est vue une première fois en consultation puis après un délai de réflexion, elle confirme son choix de réaliser l’intervention.
Habituellement, la patiente a réfléchi depuis longtemps et son choix est assez formel.
En cas d’ambivalence il vaut mieux surseoir à l’intervention et se donner un temps de réflexion plus long.
Lorsque la patiente est mineure, on conseille habituellement à la jeune fille d’attendre sa majorité légale avant de réaliser l’intervention car il peut y avoir, comme pour d’autres régions du corps, des phénomènes de dysmorphophobie au moment de l’adolescence. Dans des formes de malformation marquée avec fort retentissement psychologique, on peut accepter d’opérer, en ayant pris soin d’avoir 2 consultations et de bien évaluer la demande de la patiente pour affirmer sa gêne importante. Ici plus qu’ailleurs, il faudra expliquer en détail l’intervention et le retentissement de l’intervention.

Cette intervention peut être réalisée en chirurgie ambulatoire, ou avec une hospitalisation d’une nuit. Dans la plupart des cas les suites post-opératoires sont simples, avec quelques règles de bon sens, comme éviter les traumatismes locaux et le port de vêtements serrés.
Après la sortie un simple lavage quotidien à l’eau et au savon  suivi d’un séchage minutieux par tamponnement à l’aide de compresses et l’application d’un antiseptique type Chlorhexidine. Les douches sont autorisées au bout de 2 jours. Les bains et les rapports sexuels sont déconseillés pendant 3 à 4 semaines.
Avant de reprendre les rapports, il est souhaitable que la patiente réalise une rééducation sensitive locale par des caresses vulvaires douces, de façon à retrouver une bonne sensibilité locale et éviter les troubles sensitifs au moment des rapports sexuels.

Dans l’immense majorité des cas, les patientes jugent le résultat satisfaisant, ou très satisfaisant. Habituellement elles sont bien améliorées dans leur vie personnelle et sexuelle, s’il n’y avait pas d’éléments névrotiques sous-jacents.
La cicatrice est habituellement de bonne qualité et après plusieurs mois, il est très difficile de distinguer la cicatrice.

De nombreuses complications ont été décrites mais elles sont habituellement très rares.
Le risque principal de complication est le risque d’hématome ( collection de sang localisée) et il est important que la patiente évite la prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires 15 jours avant l’intervention, et surtout qu’elle ait une activité très modérée dans la semaine suivant l’intervention pour éviter tout saignement secondaire.
Les autres complications peuvent être : des douleurs, une dyspareunie avec un gêne au moment des rapports sexuels, un retard de cicatrisation, voire une désunion.
Lorsque la technique est réalisée selon la technique des V inversés, ces complications sont très rares, voire exceptionnelles. Des problèmes sensitifs ou de douleurs au moment des rapports sont souvent liés avec des phénomènes névrotiques (psychologiques) qui avaient été minimisés avant l’intervention. Il est important de se donner un délai de réflexion avant cette intervention pour faire la part des choses entre ce qui est du défaut anatomique et d’autres phénomènes psychologiques, non en rapport avec l’état anatomique.

La nymphoplastie, ou cure d’hypertrophie des petites lèvres, est une intervention très appréciée des patientes qui donne des bons résultats anatomiques et fonctionnels, avec habituellement un fort taux de satisfaction. Ceci est valable si la demande de la patiente est précise et que l’on a fait la part des choses entre la malformation anatomique réelle et d’éventuels autres phénomènes d’ordre psychologiques, potentiellement pourvoyeurs de troubles sexuels.

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