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Surpoids & Obésité

La définition de l’obésité selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est : « L’obésité est définie comme un excès de masse graisseuse qui entraine des conséquences néfastes sur la santé ».

 

L’obésité est aujourd’hui considérée comme une maladie chronique qui évolue en plusieurs phases : phase de prise de poids, phase d’obésité constituée, phase de perte de poids, phase de rechute. Il est important de comprendre à quel stade se situe le patient pour proposer une démarche thérapeutique adaptée.

 

En pratique, l’obésité se définit à partir de l’indice de masse corporelle (IMC) ou BMI (Body Mass Index) des anglo-saxons, calculé à partir de la taille et du poids selon la formule: IMC = P/ T2

IMC (KG/m2) = Poids/ Taille2 (IMC= Taille en Kg et poids en m)

 

Selon la formule IMC = P/T2 et permet de définir le statut pondéral

18,5<IMC<25 = corpulence normale

25<IMC<30 = surpoids

30<IMC<35 = obésité modérée (grade 1)

35<IMC<40 = obésité sévère (grade 2)

40 < IMC = obésité morbide (grade 3)

 

Cette définition reposant sur l’IMC a l’avantage d’être facile à retenir et internationale.

On sait par ailleurs que l’IMC est très bien corrélé à l’adiposité de la personne.

 

 


 

 

Localisation du tissu adipeux

 

 

Pour préciser la forme de surpoids ou d’obésité pour une personne, il faut bien sûr prendre en compte l’IMC mais également la localisation du tissu adipeux, car certaines localisations du tissu adipeux sont plus délétères que d’autres.

 

Tissu adipeux viscéral: le tissu adipeux situé en intra-abdominal est un tissu adipeux plus délétère pour la santé, notamment au point de vue cardiovasculaire.

 

Tissu adipeux ectopique: la présence de graisseux ectopique, c’est-à-dire de dépôt de triglycérides dans les tissus non destinés à ce stockage, comme le muscle et le foie, est délétère.

 

Tissu adipeux sous–cutané et stéatoméries: le tissu adipeux sous-cutané, suivant la localisation, est plus ou moins délétère. Certaines localisations comme la culotte de cheval sont moins délétères que le stockage abdominal. Il est important de connaitre la notion de stéatoméries, que nous reverrons par la suite, car beaucoup d’obésités débutent par un stockage au niveau des stéatoméries d’origine familiale. La prévention de l’obésité nécessiterait que ce concept de stéatoméries soit mieux connu des médecins et des soignants.


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Epidémiologie

La fréquence de l’obésité augmente dans le monde entier: entre 1980 et 2012, la proportion d’obèse dans le monde a augmenté de 27,5 % chez les adultes.

 

En France, l’obésité a également augmenté de façon importante puisque l’obésité de 8,5% en 1997 à 15% actuellement (données chiffrées de 2012 selon l’enquête OBEPI). Cette proportion semble actuellement se stabiliser, grâce, probablement, aux mesures préventives mises en place. L’enquête OBEPI a également mis en évidence que l’on devient obèse de plus en plus jeune, mais que la fréquence d’obésité augmentait également dans la population de plus de 65 ans. Cette enquête souligne aussi les inégalités sociales associées à l’obésité, qui touchent les populations les plus défavorisées sur le plan socio-économiques.

 

Certains pays d’Europe comme l’Allemagne, la Hongrie ou le Royaume Uni ont une prévalence de l’obésité estimée à environ 20%. Aux Etats Unis, ces chiffres sont encore plus élevés, avec plus de 55% de la population qui souffre d’excès pondéral (obésité et surpoids confondus).

 

L’obésité est liée, sans doute, en grande partie à l’évolution des modes de vie: alimentation, activités physiques réduites, et aux facteurs environnementaux économiques. Il ne faut pas oublier que nous sommes génétiquement des « chasseurs-cueilleurs », et que nous devons manger peu et dépenser beaucoup physiquement.


Causes & Conséquences

L’obésité est une maladie multi-factorielle, dans laquelle interviennent des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux.

 

Les conséquences du surpoids et de l’obésité sont majeures. L’obésité est associée à une augmentation du risque de mortalitéet on estime à environ 2,8 millions de décès par an en relation avec l’obésité dans le monde.

 

Les complications de l’obésité sont nombreuses. Les complications métaboliques (comme le diabète) et les maladies cardiovasculaires, sont les plus fréquentes, mais l’obésité est aussi reconnue comme facteur de risque de nombreux cancers.De plus, le retentissement psychosocial de la maladie, comme la stigmatisation du surpoids et la perte de chances de réussite dans la vie, qui lui est potentiellement associée, ne doit pas être négligé et ne doit pas être sous-estimé.

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Prise en charge

L’obésité est une maladie qui relève de plusieurs causes, c’est pourquoi sa prise en charge doit être complète et agir sur les différents facteurs. Globalement, si on veut être efficace, il faut toujours agir sur 3 facteurs principaux qui sont : diminuer les apports alimentaires avec une prise en charge diététique et nutritionnelle, augmenter les sorties par une activité physique augmentée, et favoriser la confiance en soi et la bonne humeur par une bonne prise en charge psychologique.

Lors de la prise en charge initiale, le médecin généraliste, ou le médecin endocrinologue, précise, par l’interrogatoire, les antécédents familiaux d’obésité, le poids de naissance, l’âge d’installation du surpoids, le poids maximal, le poids minimal, les circonstances déclenchantes identifiées (prise de médicaments, fracture osseuse, traumatisme psychologique important comme une séparation, …) , les tentatives antérieures de régime ou de maitrise de poids, et les phases de l’obésité par lesquelles est passée la personne.

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Place de la chirurgie plastique

Le tissu graisseux est un tissu qui peut subir des modifications majeures de volume au cours de la vie. Ces modifications se font surtout en fonction des apports alimentaires et nutritionnels, non adaptés au métabolisme du moment de l’organisme. L’excès majeur du tissu graisseux conduit à l’obésité, comme nous l’avons vu, et cet excès lorsqu’il est important, entraine des problèmes métaboliques et médicaux induits, sources de complications posant de véritables problèmes de santé publique (comme nous l’avons vu plus haut dans « Les conséquences de l’obésité »). On peut globalement distinguer deux types de graisse : la graisse métabolique et la graisse génétique. La graisse métabolique varie avec le régime alimentaire et les apports alimentaires, et a une répartition diffuse. La graisse génétique correspond, elle, à une ou des stéatoméries (stéato = graisse et méries = parties), formant une zone graisseuse qui, lorsqu’elle est constituée, est très difficile à faire partir. On peut considérer qu’il s’agit d’un véritable « compte en banque bloqué », la graisse métabolique constituant alors « le compte courant », formule qui permet de bien comprendre le concept.

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Freins au changement

Les freins au changement de comportement peuvent être multiples, et sont souvent bien enracinés. Ils peuvent expliquer la mise en échec des différents traitements mis en œuvre auparavant et qui ont abouti à l’obésité chronique. Ces freins peuvent être conscients, ou le plus souvent inconscients– c’est ce qui justifie l’importance du travail psychologique, et de l’accompagnant bienveillant prolongé. Ils peuvent être en rapport avec des facteurs intrinsèques à la personne, ou extrinsèques en rapport avec la famille, et/ou en rapport avec des facteurs environnementaux. Il est important de connaître ces freins, de bien mettre en évidence leur place, et de les élaborer pour progressivement les dépasser l’un après l’autre.

 

La posture éducative du médecin, ou du soignant en général, notamment dans la détermination du ou des changement(s) de comportement, est un élément susceptible de freiner, voire de bloquer le processus de changement de la personne. Il est crucial que les médecins et les soignants, participant à la prise en charge de la personne, prennent le temps de donner du sens au projet de changement de la personne, et soutiennent l’élaboration par la personne elle-même des changements recommandés dans un processus d’auto-détermination. Il est en effet reconnu que le facteur le plus important dans le changement est la motivation de la personne elle-même. Il est fondamental que les soignants veillent à ne pas enfermer le patient dans des comportements qui ne lui conviendraient pas, ou qui le mettraient en difficulté psychologique (cela pourrait conduire à une perte de l’estime de soi ; or, l’estime de soi est un élément clé de la réussite à long terme d’un amaigrissement adapté et durable). De nombreux freins sont à rechercher du côté du patient et du côté de la famille du patient. C’est tout le talent du Médecin et des soignants de mettre en évidence et d’élaborer ces différents freins au changement, pour que la personne puisse progressivement les faire sauter, et aboutisse à son plein accomplissement.

 

Chaque personne est unique, et chaque histoire est singulière, cependant la pratique et l’expérience clinique permettent de mettre en évidence des freins que l’on retrouve souvent. La liste et les exemples, que nous donnons ici, peuvent aider les personnes en surpoids à prendre conscience de ces résistances et freins ; en lisant ces éléments, les personnes peuvent « se reconnaître » dans la conjonction de plusieurs facteurs, et cela peut aider au diagnostic global et à la prise en charge car chaque frein doit être progressivement enlevé pour pouvoir avancer. Cela peut aider à amorcer le travail psychothérapeutique en tête à tête en donnant du « grain à moudre » au début du travail ; puis régulièrement en cours de travail psychologique, la relecture de ce chapitre peut permettre de relancer l’échange et la thérapie, et d’aller plus loin lorsqu’on a compris certaines résistances. Cette liste peut aider également les médecins à trouver ces freins, lorsque ceux-ci « ne sautent pas aux yeux », et que l’on n’avance pas. Parmi les nombreux freins à rechercher, on peut retenir:

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Nos conseils au quotidien

Si vous voulez gagner sur la durée, et rester en bonne forme avec un poids satisfaisant, il est impératif de changer de mode de vie. Ceci doit être durable et définitif, en acquérant progressivement ce que l’on appelle de « bonnes habitudes ». Il faut charger son « surmoi » de veiller à l’application quotidienne de ces « bonnes habitudes », de façon ferme mais bienveillante, avec si possible un peu de décalage et d’humour (les petites phrases entre guillemets, que j’ai créées pour vous, et que vous pouvez modifier pour vous les approprier).

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Conclusions

Le surpoids et l’obésité représentent une situation complexe, qu’il n’est pas possible de traiter par une solution simple universelle. L’obésité est une maladie multifactorielle à fortes composantes psychosomatiques. Mais, comme toute maladie psychosomatique, lorsqu’elle a pris sa place, elle devient une maladie à part entière, qui doit être traitée pour elle-même, sans négliger les aspects psychologiques qui ont participé à sa mise en route. Chaque personne est unique, et doit analyser et comprendre pourquoi elle est arrivée à cette situation de surpoids et d’obésité (analyse des causes). Un projet thérapeutique personnalisé et adapté à la personne (avec pour objectif un poids raisonnable pour la personne) doit être mise en œuvre en faisant appel à toutes les compétences possibles de l’équipe multidisciplinaire. La personne doit être elle-même très impliquée dans la démarche : la motivation de la personne est de loin le facteur de succès, à long terme, le plus important.

 

Si vous souhaitez perdre du poids, il faut agir sur 3 conditions en même-temps (cela fonctionne toujours, sans aucune exception, si on applique ces 3 conditions dans le même temps, et ceci sur une durée suffisamment longue) : il faut augmenter l’activité physique et l’activité sportive de façon durable, régulière, et définitive ; il faut améliorer son énergie psychique et stabiliser son humeur, apprendre à se détendre et à se valoriser, et une prise en charge psychologique est habituellement indispensable pour le succès à long terme de l’amaigrissement ; enfin il faut bien-sûr limiter les apports alimentaires de façon définitive, en mangeant lentement, en évitant les aliments riches en calories (charcuteries, fromages, pâtisseries, sodas), en évitant de manger entre les repas, en se lavant bien les dents entre chaque repas pour bien montrer que le repas est terminé. Un soutien nutritionnel et diététique, et un véritable coaching à long terme sont nécessaires pourinscrire ce projet dans la durée, car le changement devra être définitif, il ne s’agit donc pas d’un régime mais d’un véritable changement de vie.

 

S’engager dans un tel processus constitue souvent une véritable révolution personnelle et culturelle, en construisant un véritable projet psycho-corporel. Il s’agit de mettre en place toute une philosophie de la vie conduisant à plus de liberté, de santé et de bien-être. Il faut en quelque sorte réapprendre à marcher tout seul, libre. La liberté ne s’acquiert que par la conscience de ce qui nous empêche d’être libre, et c’est pourquoi j’ai insisté sur les résistances qui entravent notre liberté dans le chapitre « freins au changement ». Au cours de ce chemin, il faut apprendre à mieux se connaître soi-même, apprendre à surmonter ses peurs et ses appréhensions pour découvrir son propre chemin, et surtout apprendre à être bienveillant avec soi et avec les autres. Il faut apprendre (ou réapprendre) à voir, à comprendre, et à aimer.

 

Il faut apprendre (ou réapprendre), à prendre soin de son corps, en retrouvant le goût de l’activité sportive, mais aussi l’amour de son corps et des sensations corporelles (les massages, les caresses, le yoga, sont une grande aide dans cette démarche). La chirurgie plastique, utilisée de façon intelligente, peut avoir une place importante dans ce processus vertueux. Elle peut agir avant, pendant, et après le surpoids. Avant le surpoids, la connaissance des stéatoméries, issue de l’expérience en chirurgie plastique, permet de comprendre la mise en place d’un grand nombre de surpoids et d’obésités. Il serait important que les médecins pédiatres et médecins généralistes connaissent ce concept de stéatoméries ; et éventuellement, fassent prendre en charge les personnes avant que les stéatoméries ne prennent trop d’importance (prise en charge nutritionnelle, liposuccion des stéatoméries familiales), et n’enclenchent le cercle vicieux du surpoids. De même, il faut avoir diagnostiqué les hypertrophies mammaires qui conduiront à une obésité, et accepter d’opérer des patientes qui sont dans cette situation, même si elles n’ont pas un poids parfait, de façon à les aider à rentrer dans le cercle vertueux dont nous avons parlé plus haut. Pendant le surpoids et pendant la mise en œuvre de l’amaigrissement, la chirurgie plastique peut également agir par liposuccion des zones de stéatoméries, par une correction d’un excès cutanéo-graisseux abdominal, ou encore par la réduction de l’hypertrophie mammaire. Enfin, après le traitement du surpoids important, des séquelles d’amaigrissement peuvent apparaître, et la chirurgie plastique pourra aider à traiter ces séquelles d’amaigrissement et participer à l’amélioration de la qualité de vie, et du retour de l’amour de son propre corps.

 

Le plaisir de sentir « un esprit sain dans un corps sain » est un des piliers de la sagesse ancestrale. Mais retrouver ce corps sain en le faisant progressivement maigrir, lorsque l’on a connu un surpoids important, ou à fortiori une obésité, n’est pas une mince affaire. Il s’agit même d’une aventure personnelle importante qu’il faut avoir décidé soi-même. Mais comme toute épreuve passée avec succès, cela grandit la personne qui l’a passée, et éventuellement aussi les membres bienveillants de l’entourage qui ont participé à cette aventure. Cette épreuve, et le chemin parcouru, peuvent même se révéler un élément fondateur d’une vie meilleure. Il nous faut tous apprendre à aimer. Aimer mieux, aimer plus, aimer parfois avec des maladresses, mais aimer. Il faut faire rayonner le potentiel de joie et de bonheur, qui est en chacun de nous, et faire circuler la vie en soi et autour de soi. Il faut bien vivre sa vie à soi, sur son propre chemin, et essayer de rayonner de l’éclat dont on brille lorsque l’on a trouvé sa paix intérieure et sa propre joie de vivre. Apprendre à bien s’aimer est finalement un acte de générosité : si l’on s’aime bien (à ne pas confondre avec le narcissisme primaire, comme cela est souvent le cas), on sera plus apte à rayonner et apporter bonheur et joie de vivre à son entourage, ce qui représente un des buts et un des fondements d’une vie épanouie.


Des réponses à vos questions les plus courantes.

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